Fol. 5 : Page de frontispice – Présentation du livre à Philippe le Bon
Jean Wauquelin, Les faits et conquêtes d'Alexandre le Grand
Flandre, atelier de Mons, 1448-1449.
Manuscrit de grand luxe réalisé à la demande de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, par Jean Wauquelin, compilateur et maître d'œuvre.
227 folios écrits sur vélin (43 x 21) en écriture bâtarde gothique par le copiste Jacques du Bois, orné de 82 peintures par deux miniaturistes.
Bibliothèque nationale de France, Manuscrits, Français 9342 fol. 5
© Bibliothèque nationale de France
La peinture qui précède le prologue constitue le frontispice du livre, encadré par un riche décor de rinceaux et d’entrelacs. L'enlumineur y représente traditionnellement la remise de l’œuvre par l'auteur à son commanditaire. Dans une salle d’audience surmontée de deux voûtes gothiques, le duc de Bourgogne Philippe le Bon reçoit le livre Les Faits et Conquêtes d’Alexandre des mains de Jean Wauquelin, agenouillé devant lui. Au XVe siècle, la cour de Bourgogne est l'une des plus prestigieuses d'Europe. En font partie les chevaliers de l'Ordre de la Toison d'Or que le prologue exhorte à suivre la route exemplaire tracée par Alexandre le Grand.

L'auteur : Jean Wauquelin (v. 1428-1452)
Ecrivain et traducteur d’origine montoise, Jean Wauquelin travaille au service de Philippe le Bon de 1445 à 1452. Il dirige un atelier de copiste à Mons, en Flandre, où il fait office de maître d'œuvre, établissant les textes, encadrant les copistes et les enlumineurs. Réalisé en 1447-1448, Les Faicts et les Conquestes d’Alexandre le Grand résulte d’une compilation comme la plupart des œuvres du Moyen Âge, c’est-à-dire d'une réécriture de textes antérieurs, aussi bien en vers qu’en prose, qui datent d’époques différentes. Au début du roman jusqu’à la fin du cinquante-quatrième chapitre, Wauquelin utilise comme source le Roman d’Alexandre d’Alexandre de Paris et Lambert Le Tort, un texte romanesque en alexandrins du XIII e siècle. Sa seconde source principale intervient à partir du cent quinzième chapitre jusqu’à la fin du roman : il s’agit d’une traduction en prose française de l’Historia de Preliis. Ce texte latin était lui-même issu de l’une des traductions et adaptations qui avait été faite au X e siècle du roman grec du Pseudo-Callisthène, que l’on date du IV e siècle. À ses deux sources principales s'ajoutent ponctuellement des sources secondaires, tels que les Vœux du Paon, un poème imprégné d’une atmosphère courtoise, écrit en laisses d’alexandrins par Jacques de Longuyon dans les environs de 1312, que Waquelin introduit entre les chapitres cinquante-cinq et cent treize.
 
 

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