Fol. 55v : Porus tue le paon - Le banquet des Vœux du Paon
Jean Wauquelin, Les faits et conquêtes d'Alexandre le Grand
Flandre, atelier de Mons, 1448-1449.
Manuscrit de grand luxe réalisé à la demande de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, par Jean Wauquelin, compilateur et maître d'œuvre.
227 folios écrits sur vélin (43 x 21) en écriture bâtarde gothique par le copiste Jacques du Bois, orné de 82 peintures par deux miniaturistes.
Bibliothèque nationale de France, Manuscrits, Français 9342 fol. 55v
© Bibliothèque nationale de France
Prisonnier d’honneur à la cour d’Éphèse, Porus, l’un des quatre fils de Clarvus, coule des jours heureux auprès de dame Phésonne dont il tombe amoureux. Un jour, il tue à l’arc un paon ; on organise alors une cérémonie au nom de l’animal mort. Conformément à l’usage courtois, chacun des convives exprime un vœu qu’il s’engage à tenir à plus ou moins longue échéance. Hommes et femmes prononcent en tout douze vœux.

Les vœux du Faisan
La cérémonie des vœux sur un animal mort (paon, faisan…) renvoie à une tradition courtoise mi-sérieuse mi-ludique, largement répandue au XV e siècle. Il s’agissait, à l’occasion d’un banquet, de prononcer une promesse solennelle, au nom de Dieu, en prenant à témoin l’animal. Cette promesse concernait une entreprise chevaleresque. Parmi toutes les cérémonies, il reste un témoignage précis des Vœux du Faisan qui furent célébrés à Lille, le 17 février 1454, par Philippe le Bon. Il est contenu dans un récit en prose écrit par Olivier de la Marche à la fin du XV e siècle. La salle du château où la fête eut lieu fut décorée pour la circonstance de tapisseries représentant les douze travaux d’Hercule, autre héros de l’Antiquité très prisé à la cour de Bourgogne. On y présenta un faisan vivant, orné d’un collier d’or. Tous les chevaliers, presque deux cents, jurèrent d’aller combattre les Turcs en formulant des vœux plus ou moins sérieux.
 
 

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