Les effets de lumière

 

 

Œuvre complexe, dans laquelle sont subtilement amalgamés des éléments issus de différentes traditions picturales, la Vierge et l’Enfant entourés d’anges ne porte pas seulement la trace des souvenirs récents du voyage de Fouquet en Italie. Un examen rapproché du tableau révèle aussi que l'artiste était attentif aux procédés illusionnistes des peintres flamands les plus novateurs.
Sur deux des boules d’onyx garnissant le fauteuil de Marie se reflète une fenêtre à croisée, un motif que le Maître de Flémalle, Jan Van Eyck, Rogier Van der Weyden et bien d’autres peintres du Nord placent volontiers dans leurs œuvres. Il pourrait ici se rapporter au mystère de la maternité virginale de Marie, assimilée par les théologiens médiévaux à une fenêtre dont les vitres, traversées par les rayons du soleil, restent intactes. Aussi discret soit-il, le reflet de la fenêtre est peut-être aussi un lien visuel entre les deux volets du diptyque d’Étienne Chevalier, dont la conception est radicalement différente. La fenêtre serait alors l’écho de celle qui éclaire la pièce où se tient Étienne Chevalier sur le volet gauche du diptyque.
Ce type particulier de reflet appartient au répertoire habituel des peintres des anciens Pays-Bas.
De plus, l’acuité avec laquelle Fouquet observe et reproduit les effets de la lumière sur la surface de ses anges révèle une véritable familiarité avec la peinture des anciens Pays-Bas. La fenêtre se reflétant sur les montants du trône témoigne d’un semblable intérêt pour les performances illusionnistes des artistes du Nord