Écriture bâtarde


Tite-Live, Décades, par Pierre Bersuire, vers 1475

Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 273, fol. 11


Avec la laïcisation de la société et la formation d'un corps de scribes professionnels de chancellerie, l'écriture gothique cursive évolue dans le courant du XIVe siècle vers ce que l'on appellera la bâtarde. L'écriture bâtarde est d'usage courant durant tout le XVe siècle principalement pour les textes en français, romans, chroniques royales ou princières. Elle est caractérisée par un tracé lourd, qui oppose de manière contrastée les traits fins et épais, et enjolive les extrémités des lettres (boucles aux hastes montantes des b, h, l ; traits de fuite pour les m et n), et par ses f et ses s descendants au-dessous de la ligne. Elle est particulièrement remarquable dans les manuscrits bourguignons. L'écriture bâtarde sera la base des écritures cursives des XVIIe et XVIIIe siècles.