Louis XI entouré des chevaliers et des officiers de l'ordre

Statuts de l'ordre de Saint-Michel, enluminure de Jean Fouquet, 1470
Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 19819, fol. 1

  
Aucun chapitre de l’ordre ne s’étant tenu à cette époque, il est certain que Fouquet a complètement inventé la scène. Ce camaïeu de blanc, qui relève d’une technique extrêmement subtile, fait ressortir la forme allongée du rectangle. Il se dégage de cette composition une impression d’espace, d’ampleur et de majesté, qui repose essentiellement sur un effet optique. La conjugaison du nombre d’or et de l’emploi approprié de la couleur assure la portée esthétique et signifiante de cette peinture.

Du fait des dimensions modestes du livret, il fallait trouver un moyen de donner à cette assemblée inaugurale toute la solennité et la monumentalité de circonstance. Pour ce faire, l’artiste a choisi un format carré et situé les têtes des membres de l’ordre sur la ligne qui divise harmoniquement les côtés verticaux du carré selon Ф. Il a ainsi obtenu un rectangle doré où il a concentré presque tous les éléments de couleur blanche, traitant en ton sur ton les manteaux des participants, le dallage et même les deux chiens couchés au premier plan.

Soit ABCD le carré formé par la peinture et ABC'D' le rectangle comprenant la surface décorée tel que CDC'D' (le bas de la page) soit égal à la moitié du carré ABCD. La division harmonique selon Ф des côtés de ce carré donne le rapport : CA/CA' = CD/CH = DC/DG = 11 cm/6,798 cm = 1,618

Le rectangle ABC'D' est donc formé de deux carrés identiques et sécants, de même que les cercles qui s'y inscrivent.

Soit XY la corde qui rejoint leurs deux points d'intersection. En prenant successivement pour centre X puis Y, avec une ouverture de compas égale à XY, on trace deux arcs de cercle qui se coupent en M sur C'D' et en M' sur AB pour former une mandorle dont le mouvement accompagne celui des anges porteurs d'emblèmes.

La marche du trône royal est le côté du pentagone inscrit dans un cercle de centre O''. La personne du roi occupe le triangle fondamental FF'E'' et le côté du pentagone étoilé parallèle à NN' se trouve au niveau de l'emblème du collier de l'ordre porté par le souverain.

Le point E'' se trouve sur le long côté du rectangle A''B"C''D'', base du tableau représentant saint Michel terrassant le dragon. On vérifie que E''M'/E"E = 3,1 cm/1,915 cm = 1,618.

Si, à partir de X puis de Y, on trace, avec une ouverture de compas égale à XE = YE, les arcs de cercle obtenus se coupent en E et E', formant une seconde mandorle dont les extrémités marquent la pointe du petit écu fleurdelisé surmontant le tableau de saint Michel, et celle du grand écu fleurdelisé figurant en bas de page, au centre du collier tenu par les anges.