À partir du XIVe siècle,
les rois, imités par l’aristocratie, encouragent auteurs et traducteurs
en distribuant pensions ou récompenses et passent commande de manuscrits
somptueux. C'est ainsi que Guillaume Jouvenel des Ursins, chancelier de France
à partir de 1445, fait copier la Mer des histoires, une compilation
historique rédigée par un contemporain de Pétrarque.
La copie en est assurée par Antoine Disome, un notaire apostolique
qui fit ses débuts auprès de Guillaume Jouvenel. Il transcrivit
pour lui en 1447 des copies de la généalogie de complaisance
qui authentifiait sa descendance d'une branche napolitaine des Orsini.
À partir de 1453, Disome entama une carrière
indépendante de notaire et secrétaire du roi tout en demeurant
profondément lié aux Jouvenel. Cette transcription du Mare
historiarum dut représenter un énorme travail pour le copiste
qu'il a vraisembla-blement accompli en plus de ses tâches quotidiennes
à la chancellerie.
L'ouvrage est une œuvre de prestige, abondamment illustrée. Plusieurs
centaines de peintures et d'initiales, soit historiées, soit comportant
des armoiries ou des emblèmes, ponctuent le texte.
Le cycle iconographique commence avec la chute des anges
et se termine par la croisade des pastoureaux en 1251 sous Louis IX. À
ce programme s'ajoutent deux peintures mettant directement en scène
le destinataire. La plus importante se trouve au folio 21, et le montre
en prière devant la Trinité. La seconde est celle évoquée
ici, en tête de la table des chapitres : le destinataire vient
voir l'état d'avancement de l'ouvrage qu'il a commandé et dont
la réalisation lui tient visiblement à cœur.