Aux lecteurs
 
  Ici finit le roman de Tristan et Iseult. À tous les amants, le conteur adresse son salut : aux rêveurs, aux énamourés, aux jaloux, à tous ceux que mord le désir, aux enjoués, aux éperdus, à tous ceux qui liront cette histoire ! Si je n'ai dit à tous ce qu'ils eussent souhaité, je l'ai dit du moins le mieux que j'ai pu et j'ai dit la vérité pure autant que j'ai pu la connaître. J'ai un peu retranché du récit ; ce que j'ai conservé, je l'ai choisi pour illustrer et embellir cette histoire afin qu'elle plaise aux amants et qu'ils y trouvent de quoi se verser au cœur quelque délice. Puissent-ils en avoir réconfort contre les trahisons, contre les torts, contre les peines, contre les larmes, contre tous les chagrins d'amour !
     
 

Tristan et Iseult, traduction de René Louis d'après les manuscrits des XIIe et XIIIe siècles (Livre de poche, 1972, p. 249)