L'art du livre
   
 

Les textes du Moyen Âge sont très souvent précédés et suivis d'une glose dans laquelle le narrateur explique son projet, justifie son œuvre, précise éventuellement les destinataires : cette mise en scène du texte rappelle que la culture médiévale est avant tout orale et que l'œuvre se révèle par la voix, l'écrit jouant parfois le rôle d'aide-mémoire. Pour autant, le passage à l'écrit revêt une importance capitale dans la mesure où sa rareté l'impose comme une autorité : le narrateur n'hésite pas à citer ses sources, à renvoyer au manuscrit et c'est à l'écrit que revient la mission de conservation. Le souci d'édification est important : en louant les héros du passé, en faisant l'éloge de son seigneur ou de sa dame, en racontant les aventures d'un chevalier parti à la découverte de l'autre et de lui-même, il importe à l'auteur de "semer son roman pour en tirer une riche moisson". Certains cherchent plus modestement à apporter un réconfort contre les trahisons ou simplement à raconter "pour réjouir le cour", n'hésitant pas à poursuivre une histoire connue ou à embellir une traduction existante. Le plaisir en effet n'est pas à chercher dans le suspens de la narration : le plan ou le dénouement peuvent être révélés dès l'introduction, le fil s'organisant alors à rebours, à partir du point final.

 
 


Écouter et écrire
À tout jamais restera en mémoire 
Une bibliographie
À la dame de Champagne
Semer le roman
Mensonges, rêveries, histoires
Aux lecteurs
Le récit de Joséphé, sous la dictée d'un ange
Une histoire "vraie du début à la fin"
La fin d'un cycle
La chambre aux images
Suite interdite
Ici se tait le conte 
Du songe au roman
L'histoire du jongleur
Un plan en deux parties
Histoire et vérité
Chroniques contre l'oubli
Les sources du récit