Jean Fouquet, natif de Tours

 

"C'est un homme de Tours qui, par son aisance dans l'art de peindre, s'est élevé non seulement au-dessus de ses contemporains mais au-dessus de tous les anciens."
(Francesco Florio, Éloge de Tours et de la Touraine, 1475)


 

Jean Fouquet est né à Tours vers 1415-1420. De sa vie, on sait peu de choses, sinon qu’il était le fils illégitime d’un prêtre et lui-même clerc. Ce qui reste de son œuvre est aujourd’hui réduit, difficile à dater, et certaines attributions demeurent incertaines. Un séjour à Rome entre 1444 et 1446 est attesté par divers témoignages. Il y rencontre notamment le peintre et sculpteur il Filarete et peut-être son ami Alberti, promoteur des règles de la perspective, ou costruzione legitima.
De retour en France, il continue à travailler au service du roi Charles VII, dont il fait le portrait. C’est sans doute pour lui qu’il illustre un somptueux exemplaire des Grandes Chroniques de France. En 1470, il reçoit paiement pour "certains tableaux" ordonnés par le roi "pour servir aux chevaliers de l’ordre de Saint-Michel", et des extraits de comptes royaux prouvent qu’en 1475 il porte désormais le titre de "peintre du roi" Louis XI. Mêlé aux milieux officiels, il travaille pour certains hauts fonctionnaires de la cour (Étienne Chevalier, Laurens Girard ou Guillaume Jouvenel des Ursins) pour lesquels il peint des livres d’heures, des livres d’histoire enluminés, des portraits ou des retables, tout en restant attaché à la ville de Tours où il met en scène des représentations théâtrales, des mystères ainsi que les décors des entrées royales.
Il meurt sans doute avant la fin de l’année 1481. Il laisse deux fils, Louis et François, également peintres, qui ont participé sans doute de très près aux œuvres qui lui sont attribuées.

    Un peintre
   

La Pietà de Nouans est le seul tableau rescapé d'un genre que Fouquet dut pratiquer maintes fois, celui des grands retables d'église : on y voit ici un donateur en prière, un ecclésiastique dont nous ignorons l'identité. Ce dernier est introduit dans la scène de la Passion par un saint, que l'on peut identifier comme saint Jacques grâce à son bourdon de pèlerin et son costume rustique. Après avoir été détaché de la Croix, le Christ est posé par Joseph d'Arimathie et Nicomède sur les genoux de la Vierge. Au premier plan gisent les instruments de la Passion.

 
    Au service des mécènes
 

D’abord conseiller au parlement de Poitiers, lieutenant général du Dauphiné, Guillaume Jouvenel des Ursins (1401-1472) est nommé chancelier de France en 1445 par Charles VII et maintenu à sa charge par Louis XI de 1465 jusqu’à sa mort, après une brève mise à l’écart de 1461 à 1465. Il appartient à la bourgeoisie florissante récemment anoblie.

    À Tours
   

La vue est prise du côté opposé au fleuve ; on reconnaît la basilique Saint-Martin, avec la tour de l’Horloge en façade à gauche, la tour Saint-Nicolas, dont seule la flèche est visible, la tour du Cadran au sud et, au nord, la tour Charlemagne. Une cinquième tour plus petite couronne le chœur. En arrière de la basilique s’élève un clocher qui pourrait être celui de Notre-Dame- de-l’Escrignole.