La préparation du support

     
    Le parchemin, support privilégié
   

Le support privilégié des manuscrits, durant tout le Moyen Âge, est le parchemin, peau animale (le plus souvent de mouton en Occident) soigneusement préparée pour recevoir l'écriture. Succédant au papyrus, le parchemin sera peu à peu supplanté à son tour par le papier, dont l'usage, venu de Chine, ne se répandit en Europe qu'à partir de la fin du XIIIsiècle. On notera toutefois que le papier fut connu et utilisé en Espagne dès le IXsiècle par l'intermédiaire des Arabes. Bien que plus coûteux, le parchemin restera cependant le support privilégié et indispensable pour tout manuscrit destiné à une clientèle fortunée et exigeante. Certaines éditions imprimées de la fin du XVsiècle, qu'on appelle les incunables, sont même tirées sur parchemin et enluminées à la main pour se rapprocher de l'aspect du manuscrit.

    La réglure
 

Avant d'être confiés au scribe, les feuillets du manuscrit recevaient ce qu'on appelle la réglure, c'est-à-dire un ensemble de lignes déterminant la surface écrite. Celle-ci est à peu près régulière pour un même manuscrit. La réglure avait pour utilité d'homogénéiser l'aspect de la copie, de guider le scribe et de permettre à celui-ci de calibrer son écriture. La réglure peut être de deux types : à longues lignes ou à deux colonnes d'écriture (rarement plus), ce deuxième type étant utilisé de préférence pour les manuscrits de format grand ou moyen. Structurant la mise en page, la réglure délimite aussi l'espace réservé aux illustrations. Tracée dans les temps les plus anciens à la pointe sèche, elle le fut par la suite à la mine de plomb puis à l'encre, parfois même avec des encres de couleur, faisant entrer cet élément indispensable dans le domaine de la décoration.