 |
 |
À la suite de l'écartèlement de
l'Empire romain et de la diversification du latin, l'influence des peuples
dits "barbares" a modifié la cursive romaine qui est
devenue, au cours du VIIe siècle,
la base de nombreuses écritures régionales spécifiques
(mérovingienne, wisigothique, lombarde, insulaire...).
Au début du VIIIe siècle,
au monastère de Corbie, apparaît
un effort de régularisation de l'écriture : les premières
formes de carolingienne y sont esquissées. La formation de cette
écriture n'est pas le fruit d'une évolution plus ou moins
spontanée et inconsciente, mais le résultat d'une recherche
délibérée, répondant aux besoins de la renaissance
carolingienne. Charlemagne en décrète l'utilisation officielle
en 789.
Bien qu'elle résulte du travail de plusieurs ateliers, deux scriptoria
se distinguent dans sa mise au point : celui de Corbie et celui de
Saint-Martin de Tours.
En usage aussi bien dans les textes sacrés que dans les textes
profanes, la minuscule carolingienne est d'une grande lisibilité.
Un espace est respecté entre les mots, ce qui lui confère
une belle régularité. La perfection de cet alphabet minuscule
est telle qu'il a servi de base et est demeuré presque inchangé
durant quatre siècles. Il a donné, vers le XIIIe siècle,
une uniformité aux différentes écritures d'Europe
occidentale qui lui ont succédé.
|