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Dès le XIe siècle,
les caractéristiques des lettres se modifient, la tendance n'est
plus à l'horizontalité, mais à la verticalité.
Entre les XIIe et XIIIe siècles,
la caroline se transforme peu à peu en gothique, qui n'est pas
une nouvelle écriture en soi, puisqu'elle a gardé le même
ductus ; mais les lettres s'étroitisent, les courbes
se décomposent en plusieurs étirements, le contraste noir/blanc
s'accentue. Le besoin accru de livres dû au renouveau intellectuel,
à la création des universités, répand l'art
d'écrire, quasi-monopole monastique jusque-là, au monde
laïque.
Différentes formes d'écritures gothiques peuvent être
distinguées :
– la textura, écriture de livre, très posée
(Gutenberg utilisera ce modèle pour la gravure des premiers caractères
d'imprimerie, à Mayence, en 1456, avec la bible dite "de quarante-deux
ligne" ; c'est la naissance de l'imprimerie occidentale) ;
– la cursive gothique, d'usage courant, surtout en langue vulgaire,
et caractérisée par la ligature des lettres entre elles
et par de nombreuses abréviations ;
– la rotunda, forme de textura plus arrondie, employée
en Italie et en Espagne ;
– la fraktur, écriture des chancelleries allemandes au XVe siècle ;
– la bâtarde gothique, écriture livresque dans laquelle
on ressent l'influence de la textura et de la cursive gothique ;
– la schwabacher, écriture typique de la Renaissance
allemande du XVe siècle, écriture
xylographique (gravée sur bois).
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