| L'alphabet latin, commun à presque tous les pays occidentaux, est né en Italie aux alentours du VIe siècle av. J.-C. C'est ce dont témoignent les plus anciens documents retrouvés à ce jour, la lapis Niger, une stèle en tuf du forum romain, et une épingle en or, la fibula praenestina. À cette époque, le sens de l'écriture n'est pas encore fixé. On trouve des inscriptions écrites de droite à gauche (c'est le cas de la fibule) ou de gauche à droite, ou encore en boustrophédon, alternant une ligne vers la droite et une ligne vers la gauche. La graphie très simple des premières capitales romaines (traits sans pleins ni déliés et sans empattements) dévoile clairement les origines de cet alphabet : un métissage d'écritures sémite (le phénicien), grecque et étrusque. À ses débuts, il est composé de dix-neuf lettres. L'évolution de la langue, les échanges avec les autres peuples introduiront peu à peu les lettres G, J, U, W, X, Y et Z, portant le nombre de lettres à vingt-six. | |
| L'évolution des styles de l'écriture
latine
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À partir de la capitale
romaine, les différentes graphies latines se déploient
au cours des siècles avec des affectations dictées par l'usage.
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| L'explosion des écritures nationales
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Née de l'ondulation spontanée
de la main, la minuscule romaine, quant à elle, marque l'avenir
de l'écriture latine en lui assurant une nombreuse descendance.
Elle se répand dans tout l'empire et, une fois adoptée,
se mâtine de couleur locale. On parle alors d'écritures nationales
qui émergent au Ve siècle,
après le déclin de Rome : écriture italienne,
mérovingienne, wisigothique. À cette diversité s'ajoutent
encore les écritures curiales qui prospèrent au sein des
chancelleries et enfin la semi-onciale. Quoique le nom puisse porter à
confusion, la semi-onciale n'est pas la demi-sur de l'onciale !
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| L'unification de la graphie : la minuscule
caroline
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| L'Empire romain avait laissé
derrière lui plusieurs types d'écritures : l'onciale,
la semi-onciale, la minuscule. C'est à partir de ce "matériel"
que les scriptoria bénédictins travaillent, intégrant
au style local des emprunts, comme ceux qu'ils font aux Scotti. En 771,
lorsque Charles le Grand prend la tête du royaume franc, il
existe déjà des formes d'écritures livresques au
tracé lisible et régulier, comme par exemple à Corbie.
Pour asseoir son règne, Charlemagne accomplit un ensemble de réformes,
dont celle de l'écriture. Les textes profanes de l'Antiquité,
sacrés ou liturgiques, sont désormais copiés en caroline.
Aujourd'hui encore, nous bénéficions de l'influence de cette
"normalisation" dans la structure de nos minuscules. |
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| Les écritures gothiques
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C'est probablement du royaume anglo-normand
que viennent les prémices du style
gothique. Encore une fois, les apports des maîtres anglo-saxons
semblent déterminants dans cette évolution. Peu à
peu, la caroline se redresse et s'étire vers le ciel. Avec la gothique,
on peut vraiment parler de majuscules, alors qu'auparavant les lettres
des titres étaient surtout des capitales empruntées à
des écritures antérieures. | |
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Parmi toutes les écritures gothiques,
les plus célèbres sont la textura, la bâtarde,
certaines écritures cursives, notamment celles des chancelleries
qui aboutiront au XVe siècle à
une forme stylisée, la fraktur, et la rotunda, une
cousine latine beaucoup plus arrondie utilisée en Italie et en
Espagne. |
| L'arrivée de l'imprimerie
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Jusqu'à la Renaissance, le livre est le grand
véhicule de l'écriture. L'imprimerie prend progressivement
le relais, et le manuscrit devient peu à peu un objet d'art. C'est
alors qu'apparaissent de grands maîtres qui signent des livres théoriques
et pratiques sur "l'art de la belle écriture". Les circonvolutions
de l'écriture vont suivre leur cours, ponctué de noms comme
Arrighi, Palatino, Tagliente Yciar, Lucas, Mercator... |