Les lettres ornées

     
 

L'usage d'embellir les manuscrits de lettrines colorées s'ancre en Occident au début du Moyen Âge. Les décors mérovingiens s'inspirent des éléments géométriques et des entrelacs de l'art celtique ainsi que de la faune, de la flore et parfois de la figure humaine qui sont soumis à une extrême stylisation.

À partir du VIIIe siècle apparaissent dans les décors carolingiens des scènes historiées, une illustration est parfois incorporée à la lettre ornée qui devient alors une lettre historiée. Ce processus, qui évoluera selon les modes et les styles, durera pendant tout le Moyen Âge.

      
   

Au IXe siècle, le décor carolingien renoue avec celui de l'Antiquité : acanthes, rinceaux et palmettes. La synthèse de ces diverses tendances qui s'élabore progressivement au cours du Xe siècle donne naissance au décor roman qui s'épanouit au XIe et XIIsiècles et dont les formes présentent des variantes selon les régions.

À côté des entrelacs et des ornements végétaux, animaux, fantastiques et corps humains y tiennent une place importante.
À partir du Xe siècle, l'alphabet prend progressivement visage et corps humain.

Dès le dernier quart du XIIe siècle, des changements stylistiques importants apparaissent et se confirment au début du XIIIe siècle, marquant les prémices de l'art gothique. Ceci va d'ailleurs de pair avec l'évolution de l'écriture et de la pensée en cette époque où naissent les universités.

Traités selon les normes d'une nouvelle esthétique, les motifs végétaux, les dragons auxquels s'ajoutent monstres, chimères, hybrides et personnages, habitent les initiales ornées et se répandent dans les marges, les animant de petites scènes grotesques appelées drôleries.