Le sol et l'arbre


Cependant, dès le XIIIe siècle, les prémices d'une transformation profonde apparaissent : la pensée de saint Bernard, au XIIsiècle, puis celle de saint François d'Assise, sont à l'origine d'une évolution des idées, qui se reflète dans l'art gothique. La réalité du monde extérieur, visible, est perçue par l'artiste. On aime Dieu à travers sa création. Cette vision nouvelle s'explique également par le développement des sciences expérimentales comme la médecine, par l'enseignement d'Aristote, et aussi par une théologie qui tient compte de l'homme, de ses actes et de son environnement. Dans sa Somme théologique, saint Thomas d'Aquin consacre une large place à la nature. On essaie d'allier la Foi à la Raison qui peut expliquer les croyances. On va s'appuyer désormais sur la sensation, source des idées et de l'imagination, et sur l'expérience pour fonder la connaissance du monde physique. Dans ce creuset, une iconographie différente se développe, et en premier lieu une remise en cause de l'espace.
Les premiers éléments du paysage qui apparaissent sont le sol et l'arbre. Le sol est figuré par un ruban ondulé ou par une ligne de terrain souvent de couleur vive ; l'arbre, sans relation aucune parfois avec le sujet traité, se dresse sous la forme d'une tige épaisse, plate, sinueuse, terminée par un bouton de feuilles rondes ou triangulaires. Il s'adapte souvent à l'attitude du personnage et suit la courbe d'un corps, ou arbre colonne, il est placé au centre de la composition. Il constitue à lui seul le paysage, toujours sur un fond décoratif.