Vitruve, figure tutélaire de l’architecture des temps modernes
M. Vitruvii Pollionis de Architectura libri decem…, Amstelodami, L. Elzevier, 1649, in-fol.
Livre imprimé, papier, 320 x 440 mm (ouvert). Frontispice gravé sur cuivre
BnF, Réserve des Livres rares, RÉS. V-1929
© Bibliothèque nationale de France
Les livres sont une composante majeure de la genèse de la tradition maçonnique. Et les allusions à l’architecture et aux instruments de géométrie sont extrêmement fréquentes dans les frontispices des ouvrages aux XVe et XVIIe siècles. Comme l’atteste depuis l’Antiquité le traité de Vitruve, traditionnellement l’art de bâtir n’est pas considéré seulement comme une activité technique, mais comme une tâche ayant aussi un caractère philosophique. Sa « redécouverte » au début du XVIe siècle et la formidable promotion que lui offre alors l’imprimerie vont non seulement profondément bouleverser l’évolution architecturale – c’est la Renaissance –, mais aussi développer l’idée que l’architecte doit tendre vers une connaissance quasi universelle. Philibert Delorme contribuera à la diffuser jusque dans les compagnonnages des tailleurs de pierre à la charnière des XVIe et XVIIe siècles.
Parmi les nombreuses éditions du seul traité d’architecture de l’Antiquité qui soit parvenu jusqu’à nous, régulièrement republié, celui que donna le savant Johannes De Laet en 1649 se signale par sa qualité. Le frontispice gravé, sous une forme allégorique, montre la révérence dont témoignent les temps modernes à Vitruve, passant de la théorie à la pratique, tandis qu’au second plan s’édifie la colonne d’un temple devant laquelle sont disposés les outils utiles au chantier, qui se retrouveront dans la maçonnerie spéculative.
 
 

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