Un traité d’architecture dévoile le savoir-faire artisanal de l’art du trait
Philibert Delorme, Le Premier Tome de l’architecture…, Paris, F. Morel, 1567, in-fol.
Livre imprimé, 390 x 500 mm (ouvert)
BnF, Réserve des Livres rares, RÉS-V-365, page de frontispice gravée
© Bibliothèque nationale de France
Architecte français de la Renaissance, légitimé à écrire sur l’architecture par sa grande expérience et la lecture de ses prédécesseurs, Philibert Delorme (1510-1570 ?) se présente dans le premier tome de son traité d’architecture (il n’y en eut pas de second) à la fois comme théoricien et comme praticien. Mettant en garde contre les « maîtres maçons » qui se proposent de bâtir sans architecte, il est également attentif à intégrer dans sa doctrine l’« art du trait », hérité du compagnonnage médiéval. La disposition de la page de titre révèle cette volonté de synthèse entre la géométrie, illustrée, dans les marges, par quatre austères et complexes figures, et l’architecture achevée, d’une richesse luxuriante, entourant le texte. Savant et artiste à la fois, Delorme ne fait à cet égard qu’imiter ce « Grand Architecte de l’Univers, Dieu tout puissant » qu’il évoque dans l’« Épître aux lecteurs » (f. 2, v°) et à la volonté duquel l’homme d’Église qu’il est se soumet. « Le trait est une opération de géométrie descriptive, une décomposition des plans multiples qui composent les solides à mettre en œuvre dans la construction. […] Développé pendant l’Antiquité grecque, ce n’est qu’après les premières croisades que l’on s’aperçoit d’un développement notable de ces connaissances en France. À la fin du XIIe siècle, les maîtres des œuvres avaient repris possession de la géométrie, et, depuis cette époque, leur habileté en cette science s’accrut d’année en année, jusqu’à la fin du XVe siècle. » (Viollet-le-Duc, 1854-1868, article sur l’art du trait.)
 
 

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