Un répertoire d’emblèmes
711 emblèmes en 51 planches
Daniel de La Feuille, Devises et emblèmes anciennes et modernes tirées des plus célèbres auteurs, avec plusieurs autres nouvellement inventées et mises en latin, en français, en espagnol, en italien, en anglais, en flamand et en allemand…, Amsterdam, 1691, in-4°.
Livre, 200 x 155 mm (ouvert)
BnF, Réserve des livres rares, RÉS. p.-Z‑79, p. 5 et 6
© Bibliothèque nationale de France
« Mais ici, Emblèmes ne sont autre chose que quelques peintures ingénieusement inventées par hommes d’esprit, représentées, & semblables aux lettres Hiéroglyphiques des Egyptiens, qui contenaient les secrets de la sagesse de ces anciens-là par le moyen de certaines devises, & comme portraits sacrés… », peut-on lire dans la préface de l’édition française (1587) des Emblemata d’Andrée Alciat (Emblematum Liber, Augsbourg, 1531), qui donnèrent à ce genre littéraire et son nom et sa forme.
Alors que la devise n’est composée le plus souvent que d’une figure et d’un titre, l’emblème, plus pédagogique, comprend trois éléments : le titre, la figure et l’épigramme (subscriptio, forme poétique relativement brève). Les figures suggèrent une morale ou un « précepte » que le lecteur doit deviner. L’emblème associe systématiquement l’image et le texte, dès les années 1530-1550, l’un permettant de comprendre l’autre ; il s’y ajoutera, dès le milieu des années 1550, un quatrième élément – le commentaire, servant à engager la réflexion. « De temps immémorial », on a attribué un sens allégorique aux outils du maçon… L’équerre symbolise la droiture, le compas, la mesure, le maillet, la force… À l’origine jeux de l’esprit ou à but moral, pérennisant un langage symbolique élaboré au XVe siècle, les livres d’emblèmes vont populariser ces spéculations et acquérir une dimension ésotérique qui va pénétrer le métier et tisser des liens entre symbolique maçonnique et ésotérisme.
Le graveur et imprimeur Daniel de La Feuille donna à Amsterdam une édition complète des devises et emblèmes réunis par Heinrich Offelen, sorte de répertoire iconographique multilingue mettant en regard des cinquante-deux pages contenant chacune douze ou quinze images la devise appropriée. Ainsi, par exemple, à l’équerre (n° 13, p. 5) est associée la devise « Je ne cherche que la justice » (et à la main tenant un compas « Celui qui a le secret a tout »).
 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu
 
 
> commander : page1, page2