Le grand sceau de Salomon
« Les Clavicules de rabbi Salomon, traduites exactement du texte hébreu en français »
Recueil de traités sur les sciences occultes, 2e section, f. 223 : « Le Grand Pentacule de Salomon », XVIIIe siècle.
Manuscrit, papier, 232 x 160 mm
BnF, Bibliothèque de l'Arsenal, Ms 2346
© Bibliothèque nationale de France
La Bible fait de Salomon l’exemple même du grand roi, bâtisseur et sage. Mais dans l’Antiquité tardive, au contact des traditions égyptiennes et grecques, cette figure va s’enrichir d’une dimension de roi thaumaturge. Au Ier siècle, les célèbres Antiquités judaïques se font l’écho de cette évolution en attribuant à Salomon « des incantations pour conjurer les maladies, […] [et] des formules d’exorcisme pour enchaîner et chasser les démons » (livre VIII, chap. V). Comme leur auteur, Flavius Josèphe est, en général, plutôt rationaliste ; cela montre la force qu’avaient déjà ces idées. Le premier texte présentant ostensiblement le bâtisseur du Temple comme un magicien est Le Testament de Salomon, rédigé en grec au IIIe siècle. On y découvre comment Salomon a pu construire le Temple en commandant aux démons, au moyen d’un anneau magique que lui avait confié l’archange Michael. C’est l’un des plus anciens traités de démonologie. Cette tradition d’un Salomon magicien se pérennisera dans le judaïsme populaire ou savant et, de là, passera dans le christianisme. À la Renaissance, elle resurgit dans un texte dont on connaît de très nombreuses copies : « Les Clavicules de Salomon ».
Elles révèlent les sceaux et rituels magiques utilisés par Salomon pour entrer en contact avec les mondes intermédiaires et les esprits. Ce célèbre texte ésotérique aurait été écrit, selon la légende, par le roi Salomon lui-même. Ce texte est censé donner les « clés » (claviculum signifie « petite clé ») pour accéder à la connaissance suprême et aux richesses.
La figure présentée ici est celle du grand sceau de Salomon, ou « hexagramme étoilé », dit aussi « triangle de Salomon ». D’après la légende, le sceau de Salomon est un anneau magique que possédait le roi d’Israël, et qui lui donnait le pouvoir de commander aux génies ou de parler avec les animaux. On trouve, du XVe au XVIIIe siècle, de nombreux manuscrits intitulés « Clavicules de Salomon », dans différentes langues.
 
 

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