Le journal d’Elias Ashmole
Le journal d’Elias Ashmole
Elias Ashmole, antiquarian et gentleman masson
BnF, département des Estampes et de la photographie, N-2 / D078073
© Bibliothèque nationale de France
Créateur du premier musée anglais à Oxford (1683) et d’une magnifique bibliothèque, alchimiste mais aussi fondateur de la très scientifique Royal Society, historien passionné de symbolisme et de chevalerie, Elias Ashmole (1617-1692) est l’un de ces antiquarian emblématiques de leur époque qui s’intéressent à la franc-maçonnerie naissante au XVIIe siècle.
Une note dans son célèbre journal, à la date du 16 octobre 1646, est l’une des plus anciennes attestations de la réception par une loge d’un gentleman étranger au métier de maçon : « 1646 – 16 Oct. 4 h 30 de l’après-midi, j’ai été fait franc-maçon à Warrington dans le Lancashire » (f. 19 v°).
Plusieurs historiens ont avancé que, en pleine guerre civile, la loge de Warrington regroupait des modérés des deux camps (absolutistes et parlementaristes), offrant ainsi, à couvert, un lieu d’échanges pour les hommes de bonne volonté que les circonstances opposaient. Mathew Scanlan a montré que beaucoup des autres membres avaient encore un lien avec l’art de bâtir. Trente-six ans plus tard, les 10 et 11 mars 1682, le journal d’Ashmole présente une seconde référence à la franc-maçonnerie : « [10 mars] J’ai reçu une convocation pour une loge qui se tiendra demain au siège des Maçons à Londres [11 mars] j’y suis donc allé et vers midi on a admis dans la compagnie des Maçons [liste de noms]. J’étais le plus ancien compagnon parmi eux (j’ai été admis il y a 35 ans) » (f. 69 v°).
Cette seconde référence est très intéressante, puisqu’elle établit un lien avec l’ancienne Compagnie des maçons de Londres, une corporation très ancienne, qui, au XVIIe siècle, réunit les maçons opératifs mais « accepte » aussi quelques personnalités étrangères au métier, comme Elias Ashmole, qui apparaissent donc comme des maçons spéculatifs.
 
 

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