Le chancelier de France fait surveiller les loges
« Je vois que le mystère ou la folie des francs massons se répand... »
Henri-François d’Aguesseau, Rapport de police concernant la surveillance des loges, 4 mai 1744.
BnF, département des Manuscrits, Joly de Fleury 184, f. 75
© Bibliothèque nationale de France
Ce texte signé « Daguesseau », alors chancelier de France, la plus haute autorité judiciaire du royaume, est sans équivoque. Henri‑François d’Aguesseau (1668-1751) s’y adresse au procureur général : « Toute association de quelque genre qu’elle soit est toujours dangereuse dans un estat, et surtout quand on y mesle un secret et une apparence de religion, qui pourroit bien cacher beaucoup de libertinage. »
Voilà donc formulés en quelques mots les principaux soupçons que la monarchie nourrit à l’égard de la franc-maçonnerie : l’association en secret de personnes sans autorisation administrative risque d’attenter à l’autorité de l’état ; dans un pays où le catholicisme est la religion officielle, l’observation de rites concurrents est mal vue ; enfin, le libertinage réel ou supposé, sous la forme du dévergondage des sens, mais aussi et peut-être surtout de la liberté des esprits, y est un risque pour la paix publique que le premier officier de la Couronne se doit d’écarter.
 
 

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