Tablier de « grand Écossais », IIe ordre du rite français
Consulat (1800-1804), modèle Guérin.
Cuir imprimé et peint au pochoir, broderie, 300 x 300 mm
Paris, musée de la Franc-maçonnerie. Num. inv. T2.017
© Musée de la Franc‑maçonnerie
Le grade de grand élu grand Écossais fait revivre au récipiendaire le sacrifice de Jacob et l’ordination sacerdotale d’Aaron. Travaillant ensuite sur le chantier du Temple, le récipiendaire découvre une voûte souterraine et secrète où est conservé le vrai nom de Dieu. Cette version de l’Écossais du rite français est un bon exemple de la façon dont le Grand Chapitre général a fait la synthèse de familles de grades. Il a ici fusionné un grade d’« Écossais ou parfait maître anglais » avec l’incontournable « Écossais de la voûte ».
Le rite français est, pour les grades symboliques, la version française des cérémonies maçonniques importées de Londres à Paris dans les années 1720. Il émane donc de la première Grande Loge d’Angleterre, née en 1717 et dite, par la suite, « des modernes ». À l’origine, il se caractérise par une certaine simplicité mais a connu en France de nombreux enrichissements symboliques.
Au XVIIIe siècle, on peut en trouver des variantes diverses ; certaines manifestent un goût de l’élaboration rituelle, quelques-unes sont empreintes d’une atmosphère religieuse, d’autres, au contraire, restent sobres voire un peu austères. Dans les années 1780, une équipe de dignitaires du Grand Orient de France, animée par le frère Roëttiers de Montaleau (1748-1808), en ont codifié une version simple et marquée par les Lumières qui sera connue sous le nom de Régulateur du maçon. En 1788, le Grand Orient complétera le rite français par une série de quatre hauts grades : « élu », « écossais », « chevalier d’Orient », « chevalier rose-croix ». Au XIXe siècle, ce rite – qui est celui de la grande majorité des maçons français – sera modifié selon les idées morales et rationalistes alors en vogue dans la plupart des loges. À partir de 1955, ses sources anciennes attireront des maçons intéressés par une perspective initiatique et spirituelle et qui reviendront aux textes du XVIIIe siècle pour reformuler un « rite moderne français rétabli » puis un « rite français Traditionnel ».
Le système du rite français est donc un régime en trois grades et quatre ordres. En « loge bleue » : 1er grade : apprenti ; 2e grade : compagnon ; 3e grade : maître. En « chapitre » : Ier ordre : élu secret ; IIe ordre : grand élu écossais ; IIIe ordre : chevalier d’Orient ; IVe ordre : chevalier de l’Aigle, parfait maçon libre sous le nom de Rose-Croix
 
 

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