Bijou de sublime maître du Grand Œuvre
Sautoir du grand inquisiteur grand inspecteur
Matrice de sceau du rite de Misraïm
Bijou du 90e grade du rite de Misraïm
Marc Bédarride (1776 -1846)
Imprimeur
Bérard et Cie, Paris, 1841.
Lithographie, papier, 355 x 275 mm
BnF, département des Estampes et de la photographie, RF-MAT. 1 (boîte 2)
© Bibliothèque nationale de France
Ce maçon très actif, mort en 1846, chef de bataillon dans l’armée d’Italie sous le Premier Empire, fonda avec ses frères Michel et Joseph le rite de Misraïm. Il est revêtu ici du grand cordon de l’ordre. Il est l’auteur de De l’ordre maçonnique de Misraïm depuis sa création… (Paris, 1845). Bien qu’étant un phénomène très minoritaire, la franc-maçonnerie « égyptienne », par son histoire et sa capacité à renaître, tel le phénix, de ses cendres, apporte un éclairage sur la franc‑maçonnerie, son tropisme oriental et les tentations ésotériques qui l’agitent sur ses marges.
Elle apparaît au XVIIIe siècle en faisant référence à une égyptosophie dont l’imaginaire couvre la période pharaonique, la philosophie alexandrine et la culture hermétiste. Plusieurs corpus rituels sans postérité en sont issus, dont ceux de Cagliostro, à la limite du charlatanisme. Une première période féconde s’ouvre ensuite avec le retour d’Égypte de l’expédition napoléonienne (1799) puis le déchiffrement des hiéroglyphes. Les systèmes de hauts grades qui apparaissent alors portent plus clairement des contenus égyptiens par Jean-François Champollion : rite de Misraïm des frères Bédarrides, des années 1810, puis rite de Memphis de Jean Étienne Marconis de Nègre (1795-1865) dans les années 1830, tous deux à la pointe des combats libéraux et républicains tout en étant porteurs d’une spiritualité originale.
Une bonne part de leurs membres intègrent le Grand Orient dans les années 1860, et les deux rites s’unifient sous l’égide théorique de Garibaldi en 1881 (il décède l’année suivante). On parle depuis de « rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm (RAPMM) ».
Une deuxième vague se fait jour à la fin du XIXe et au XXe siècle, en lien avec le martinisme et les groupuscules occultistes qui gravitent autour de cette mouvance. Ce courant connaît une période de croissance après la Seconde Guerre mondiale sous l’impulsion de Robert Ambelain (1907-1997) – qui élabore en 1967 les rituels des trois premiers grades encore en usage – et avec l’émergence d’une maçonnerie égyptienne féminine avec Julienne Bleier (décédée en 2004).
Après la disparition de Robert Ambelain, ce courant éclate en petits groupes rivaux. Une partie rejoint le Grand Orient de France au tournant du XXIe siècle et s’y développe (une cinquantaine de loges et juridictions de hauts grades du Grand Ordre égyptien, qui pratique le rite de Yarker). La maçonnerie égyptienne a acquis au fil du temps une dimension internationale et reste porteuse d’une identité humaniste et spirituelle attachante.
 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu
 
 
> commander