Cordon de « Très Haut Illustre Frère, Chevalier d’Occident »
Bijou d’apprenti de Saint- André, 4e grade du rite suédois
Décors du rite suédois
Bijou de maître de Saint-André
Tablier de maître du rite suédois
XXe siècle.
Cuir, 230 x 280 mm
Paris, musée de la Franc-maçonnerie, Num Inv. 2015-015-017
© Musée de la Franc‑maçonnerie
La maçonnerie suédoise est d’origine française, comme l’est aussi la maçonnerie allemande, dont le rite suédois tire d’ailleurs une partie de ses hauts grades, au travers de la Stricte Observance templière.
La maçonnerie suédoise fut introduite en Suède par le comte Axel E. Wrede-Spare, reçu apprenti à Paris le 4 mai 1731. La première réunion de sa loge eut lieu chez le baron Sack le 17 mars 1735. Le 13 janvier 1752, le comte Knut Carlsonn Posse fonda la loge Saint-Jean auxiliaire, qui se déclara « Mère Loge de Suède ». Très vite, elle pratiqua un système en sept grades.
Le baron Carl Fr. Scheffer fut initié à la loge Coustos-Villeroy en mai 1737 et reçut une patente de lord Derwentwater pour créer des loges en Suède. En 1761, la Grande Loge de Suède est fondée. Le baron Scheffer en fut le premier grand maître, et Carl Friedrich Eckleff fut assistant grand maître. Se prévalant d’une patente étrangère, Carl Friedrich Eckleff importa à Stockholm un système de hauts grades en 1759 et fonda le Grand Chapitre des illuminés de Stockholm. En 1774, le duc de Sudermanie, futur Charles XIII de Suède, succèda au comte Scheffer à la tête de la maçonnerie suédoise, après avoir dirigé la VIIe Province de la Stricte Observance. Il remanie profondément le rite en 1780 puis en 1800, pour fonder le rite suédois aujourd’hui pratiqué dans tous les pays nordiques. C’est un ordre chrétien, chevaleresque, d’inspiration templière, et même mystique pour les derniers grades. Il est reconnu par la Grande Loge unie d’Angleterre depuis 1770.
Le rite suédois se décline en dix grades : les trois premiers ou « grades de Saint-Jean » sont ceux d’apprenti, compagnon et maître maçon ; les deux suivants ou grades écossais « de Saint-André » correspondent au quatrième-cinquième grade, celui d’apprenti-compagnon, et au sixième, maître de Saint-André ; viennent ensuite les grades du « Chapitre », soit le septième ou « haut illustre frère chevalier d’Orient », le huitième ou « très haut illustre frère chevalier d’Occident », et le neuvième ou « frère illuminé de la loge de Saint-Jean » ; enfin, le dixième grade ou « frère très illuminé de la loge de Saint-André ». S’y ajoute un grade administratif, « R&K » ou « frère très haut illuminé, chevalier commandeur de la Croix rouge ».
En 1811, le roi Charles XIII crée un ordre de chevalerie, l’ordre royal de Charles XIII. Cet ordre chevaleresque civil est toujours conféré par le roi aux maçons ayant atteint le rang de commandeur de la Croix rouge ; le nombre total des chevaliers est limité à trente-trois (dont trois ecclésiastiques). Tous les grands maîtres de 1774 à 1997 furent membres de la maison royale de Suède. Le dernier en date fut le prince Bertil, grand maître de 1973 à 1997. Depuis cette date, le roi reste le « grand protecteur » de l’Ordre suédois des francs-maçons.
 
 

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