Rituel avec tableau au lavis des grades de la maçonnerie d’adoption
Un manuel d’adoption
La Loge d’adoption
Tablier de maîtresse maçonne du rite d’adoption
Rituel de la maçonnerie féminine d'adoption
L’Azille enchanté ou la Réunion des deux sexes, vers 1780-1785.
Manuscrit, dessins aquarellés, papier, 210 x 170 mm
BnF, département des Manuscrits, FM4 (1323)
© Bibliothèque nationale de France
Les loges d’adoption sont le cadre qui permet aux femmes d’être reçues franches-maçonnes dès le XVIIIe siècle. Ces loges sont dotées de rituels spécifiques dont les récits s’appuient essentiellement sur la Genèse. Nombreux dans les archives de la Bibliothèque nationale de France, les plus anciens manuscrits, datés de 1761, font partie intégrante des volumes de rituels maçonniques. Ils révèlent une franc-maçonnerie structurée qui respecte les formes et règles maçonniques et qui exprime le désir d’élévation morale et spirituelle des femmes et leur volonté d’émancipation. Grades et fonctions s’y déclinent au féminin.
On y retrouve, parfois joliment aquarellés, les thèmes de l’échelle de Jacob, de l’arche de Noé, de la tour de Babel ou encore de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, associé au serpent et à Adam et Ève. Après un séjour dans une chambre de réflexion, la candidate à l’initiation est soumise à des épreuves rituelles traditionnelles qui sont, par un jeu de demandes et de réponses, orientées vers l’art de bâtir en soi l’être humain parfait et autour de soi, la société idéale. Signes, mots et attouchements lui sont communiqué ; gants blancs et tablier doublé de blanc lui sont remis.
L’arche est pour elle « un asile contre le déluge des maux et dangers qui occupent toute la Terre ». Identifiée à Ève, elle croque la pomme dans un geste de curiosité consciente qui est désir de connaissance. Le péché originel est retourné ! La truelle qu’elle porte au bout d’un cordon bleu lui sert « à remuer et lier dans son âme, les sentiments d’honneur et de vertu et les employer de façon qu’il s’y élève un édifice digne de la plus noble société ». Des chaînes dont ses poignets sont libérés lui suggèrent la conquête de la liberté – liberté qu’elle cultive d’abord dans le cœur et l’esprit. Certains récits de hauts grades se rapportent à Ruth, Déborah, Judith ou la reine de Saba, femmes de valeur et de puissance. Le rituel de « l’azille enchanté ou la réunion des deux sexes » fait référence aux Amazones.
Ce rituel de maçonnerie d’adoption illustre sept grades : apprentie, compagnonne, maîtresse, maîtresse parfaite, élue écossaise, chevalière de la Lune, amazone anglaise. Conservé dans une reliure d’époque, il est orné de quatorze planches finement dessinées et aquarellées. Pour chacun des six grades, ornements, chambres de réflexion et tableaux de loge sont représentés d’un trait naïf. Ce rituel est destiné à l’entourage royal. Le texte fait notamment allusion à la duchesse de Chartres, « grande maîtresse ». Le feuillet ici présenté illustre le grade de maîtresse. D’autres rituels portent eux aussi des noms évocateurs, tels « le préjugé vaincu », « le chemin du bonheur » « les mystères de l’adoption ». Reflétant les aspirations du siècle des Lumières, ils invitent à l’amélioration de l’humanité par « l’union des cœurs dans la plus parfaite égalité » et par la quête des vertus, préludes nécessaires à l’avènement d’une société pacifiée et harmonieuse.
 
 

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