La sœur Charlotte David (1765-1826)
Jacques-Louis David, Madame David, 1813
Huile sur toile, 729 X 594 mm
Washington, National Gallery of Art
© Washington, National Gallery of Art
La loge La Modération avait constitué à ses côtés une loge d’adoption (féminine) : on a la surprise d’y découvrir la famille du peintre Jacques-Louis David (1748-1825) – dont son épouse, Charlotte Pécoul, une sœur très engagée.
Les biographes du peintre David savent combien celui-ci se reposait sur sa femme, Charlotte Pécoul (1765-1826), et le rôle important qu’elle tenait dans sa vie. Cet attachement a donné un caractère paroxystique à l’épisode de la Terreur, durant lequel celle-ci, ne supportant plus l’engagement de son mari au côté de Robespierre, le congédie. Les historiens ont été prompts à expliquer cette séparation – de quelques mois – par les convictions certainement contre-révolutionnaires et sans doute bigotes de cette femme née en 1765. Les archives maçonniques proposent une autre piste : forte personnalité sensible aux idées des Lumières, Charlotte Pécoul était probablement de convictions girondines, comme allaient l’être la plupart des membres de la loge La Modération, à laquelle elle appartenait dans les années qui précédèrent la Révolution. On la découvre, en effet, oratrice de la loge d’adoption La Modération. Le 8 décembre 1787, elle y prononce ainsi un discours où l’on peut discerner entre les lignes une inclination pour les idées nouvelles et un tempérament sensible à la cause des femmes. « La sœur David a fait lecture d’une échelle [conférence] dans laquelle elle a peint avec les couleurs les plus naturelles les sentiments qui lui sont si familiers de l’union de la fraternité et de la douce amitié qui sont les premiers devoirs et le patrimoine le plus cher de tous les vrais maçons […]. En même temps que cette sœur nous a donné des preuves de son talent elle n’a cessé de nous rappeler ces temps heureux où nous avons vu briller tour à tour les talents et les mêmes expressions dans la plupart des femmes qui ornent ces climats et qui n’attendent que l’occasion de parler pour mériter comme elle nos applaudissements. »
 
 

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