La franc-maçonnerie est un diamant que nous dédaignons, sans en connaître le prix…
Charles Fourier, Théorie des quatre mouvemens et des destinées générales…
Leipzig ; [Lyon], [Pelzin], 1808. In-8°.
BnF, Réserve des Livres rares, RÉS-P R-934
© Bibliothèque nationale de France
Sans appartenir à la franc-maçonnerie mais proche de francs-maçons lyonnais, Charles Fourier (1772-1837) lui a consacré un chapitre du premier traité qu’il fait paraître : De la franc-maçonnerie et de ses propriétés encore inconnues (op. cit., p. 273 et suiv.).
Ce livre, paru à Lyon, en 1808, contient en germe toute sa foisonnante pensée, qu’il développera sa vie durant en une multitude d’écrits, pas encore tous publiés de nos jours. La cosmogonie qu’il y développe n’est pas sans ressemblance avec les théories mystiques ou occultistes qui prirent place dans le monde maçonnique dans les dernières décennies du siècle des Lumières. Mais le propos est beaucoup plus pragmatique : voyant dans la franc-maçonnerie un « germe d’innovation bienfaisante », il l’invite, en « secte voluptueuse et religieuse », à devenir un moteur de l’évolution de la société, non pas en fondant un nouveau culte, mais en jouant le rôle de ciment social d’une société qu’il sait déchirée après la Révolution française.
Il se place ainsi en annonciateur lucide de l’évolution de la franc-maçonnerie, passant des spéculations du XVIIIe siècle aux combats politiques, sociaux et religieux du XIXe.
 
 

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