Charles Fourier (1772-1837)
Vue générale d’un phalanstère
Jules Arnoult
[Paris], Librairie phalanstérienne, 1847.
Lithographie, 430 x 590 mm
BnF, département des Estampes et de la photographie, DC-235 (A)-FOL., t. II
© Bibliothèque nationale de France
Le système de Fourier ne connaît pas de rupture entre le monde naturel et le monde social, pas d’antagonisme entre l’individu et la société, pas de contradiction entre les intérêts des classes sociales. En un mot, c’est l’« Harmonie », utopie aux yeux de ses détracteurs. Cette conciliation doit trouver sa topique : c’est le phalanstère, luxueux palais social qui combine le « travail attrayant » et les activités non productives, de loisir.
Fourier lui-même en a décrit plusieurs versions, mais ce sont surtout ses disciples de l’« école sociétaire » ou « phalanstérienne » qui s’employèrent à concrétiser le projet : en premier lieu Victor Considerant (1808-1893), initié à Metz en 1832, dont l’activité éditoriale et journalistique infatigable sur un demi-siècle ne contribua pas peu à la notoriété de la doctrine. L’étroitesse des liens noués entre franc-maçonnerie et fouriérisme trouve son exemple le plus patent dans la série de huit conférences données en 1839 dans les locaux de la loge brestoise Les Élus de Sully par le frère Édouard de Pompéry (1812-1895), nouvel initié. Son prosélytisme fouriériste fut si convaincant qu’il réussit à faire modifier par la loge sa dénomination en celle d’Élus de Sully et de Fourier. Mais l’obédience refusa cet ajout, arguant qu’« il serait prématuré d’assigner [à cette théorie] une place qu’elle n’occupera peut-être jamais » et lui préféra la dénomination « Disciples de Sully ».
 
 

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