Adolphe Crémieux (1796-1880)
Atelier Nadar, vers 1900.
Photographie positive sur papier albuminé [nég. sur verre], 85 x 58 mm, d’après des prises de vue réalisées entre 1855 et 1890
BnF, département des Estampes et de la photographie, NA-235 (2)-FT 4 fol 3
© Bibliothèque nationale de France
Issu d’une famille de négociants en soieries juifs installés à Nîmes, Adolphe Crémieux (1796-1880) est reçu avocat en 1817 et initié l’année suivante à la loge locale Le Bienfait anonyme, relevant du Grand Orient. Sous le règne de Louis-Philippe, il s’affirme comme un ténor du barreau. Élu député de la gauche dynastique à Chinon en 1842, il participe en 1847 à la campagne des banquets. Reçu vice-président puis, en 1843, président du Consistoire central, il organise la réforme des ordonnances sur le judaïsme français, représente la communauté auprès du roi et se met au service des populations israélites discriminées en Europe, au Maghreb et dans l’Empire ottoman.
Il se rallie à la République en 1848, entre au gouvernement provisoire et se voit confier le ministère de la Justice, où il procède à une épuration modérée de la magistrature, fait supprimer le serment imposé aux fonctionnaires, obtient la suppression de l’exposition publique de condamnés.
Il accueille le 6 mars 1848, arborant son cordon maçonnique, une délégation du Grand Orient. Il revêt la robe, après son retrait du gouvernement, pour défendre des républicains. Sous l’Empire, il reste un homme de contacts, admiré pour l’étendue de sa culture, recevant dans son salon des opposants et des écrivains. Il est à l’origine, en 1860, de l’Alliance israélite universelle, qu’il préside en 1863. Il reprend en 1860 également, une activité maçonnique au sein du Suprême Conseil de France, dont il devient, en 1869, le souverain grand commandeur. Élu député de Paris, il fait partie, de ce fait, du gouvernement provisoire de la IIIe République. Il est chargé, comme en 1848, de la Justice. Replié à Tours, il doit assumer la direction du gouvernement avant l’arrivée de Gambetta. Connaissant bien l’Algérie, il décide de mettre fin à l’administration militaire et par le décret du 24 octobre 1870 accorde la nationalité française aux juifs algériens. Adolphe Crémieux doit faire face au sein du Suprême Conseil à un conflit entre conservateurs et modernistes, qui s’opposent sur son organisation et sur l’obligation de la croyance en Dieu. Un compromis est trouvé lors d’un convent international de Suprêmes Conseils en septembre 1875 à Lausanne, où le Grand Architecte de l’univers est défini comme un « principe créateur ». Adolphe Crémieux, député d’Alger en 1872 et sénateur inamovible en 1875, verra ses derniers jours attristés par une scission de son obédience et la constitution d’une Grande Loge symbolique écossaise. A. C.
 
 

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