Arthur Groussier (1863-1957)
Paris, musée de la Franc-maçonnerie, P6. SN5
© Musée de la Franc‑maçonnerie
Né à Orléans en 1863, Arthur Groussier s’installe après ses études à Paris comme ingénieur, s’intéresse aux problèmes sociaux et à l’amélioration de la condition ouvrière. Du syndicalisme militant, il glisse vers le socialisme et est élu député de Paris en 1893. Battu en 1902, il reprend une activité professionnelle puis récupère un siège en 1906 ; il est réélu jusqu’en 1919. Candidat malheureux en 1924 et en 1928, il se retire ensuite de toute vie politique active. Ce réformiste a laissé son empreinte à la Chambre des députés par quelques textes qui ont marqué une partie de notre histoire contemporaine. Il s’est impliqué dans l’élaboration de lois de progrès social : sur les accidents du travail, l’hygiène et la sécurité des travailleurs, les conventions collectives. Il est celui qui permit aux femmes de siéger dans les conseils de prud’hommes. Sa grande réalisation est la mise en œuvre du Code du travail, qu’il a préparé pendant de longues années.
Dès la fin des années 1920, il se consacre entièrement à la franc-maçonnerie, à laquelle il appartient depuis l’âge de vingt-deux ans – il a été initié en mai 1885. En 1907, il entre pour la première fois au Conseil de l’ordre du Grand Orient de France. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, il ne quitte pratiquement pas cette instance et est appelé à de nombreuses reprises à la présidence de l’obédience. Il préside aussi aux destinées de l’Alliance maçonnique internationale.
Durant toutes ces années, il est confronté aux difficultés qui assaillent la franc-maçonnerie et le monde profane : montée du fascisme en Europe, menées de l’extrême-droite française contre la démocratie. Mais, dès 1939, la guerre bouleverse tout : effondrement militaire, disparition de la république, interdiction de la franc-maçonnerie. S’ouvre alors une période sombre pour Arthur Groussier. Son grand âge lui épargne une arrestation, mais il est attaqué dans la presse antimaçonnique, la police le « file », perquisitionne à son domicile d’Enghien-les-Bains, en région parisienne.
Après 1944, une nouvelle ère s’ouvre, dont il n’est plus un acteur principal. Quelques raisons doivent être avancées. Son âge, bien sûr : il a alors près de quatre-vingt-deux ans et souffre de cécité. Il porte aussi sur lui le poids du passé, de cette franc maçonnerie de la IIIe République sans doute trop engagée dans le monde profane. Il reste cependant très actif jusqu’à sa mort, ne refusant jamais d’animer aucune réunion, orateur apprécié par ses contemporains. Il décède à Enghien-les-Bains le 6 février 1957. D. L.
 
 

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