1737 : le chef de la police parisienne interdit les réunions de francs-maçons
1737 : le chef de la police parisienne interdit les réunions de francs-maçons
1737 : le chef de la police parisienne interdit les réunions de francs-maçons
Sentence de police qui deffend toutes sortes d’association, & notamment celle des Freys-maçons…
Paris, P. J. Mariette, imprimeur de la police, 14 septembre 1737.
In-4°, imprimé, papier, 265 x 205 mm
BnF, département des Manuscrits, Joly de Fleury 184
© Bibliothèque nationale de France
Le 10 septembre 1737, sur ordre du lieutenant général de police René Hérault, la plus haute autorité parisienne en la matière, le commissaire Jean Delespinay se rendit chez Chapelot, marchand de vin à la Rapée, où il avait été informé que se tenait une « assemblée très-nombreuse » d’une association, non autorisée par les lois du royaume, qui n’était autre que celle de la « Société de Freys-Maçons », dont les membres portaient tous des « tabliers de peau blanche devant eux, & un cordon de soye bleuë qui passoit dans le col, au bout duquel il y avoit attaché aux uns une equerre, aux autres une truelle, à d’autre un compas & autres outils servant à la maçonnerie ».
Dès le 14 septembre, la sentence tombait : le cabaretier était condamné à mille livres d’amende, et à la fermeture de son établissement pour six mois (les lois du royaume imposent en effet pour se réunir une permission légale, qui dans le cas présent fait évidemment défaut). Il faut remarquer une ambiguïté, révélatrice de rapports complexes de l’administration royale avec la franc-maçonnerie : la réunion était proscrite, pas l’appartenance à la franc-maçonnerie. De plus, seul l’hôte fut puni, et aucun des convives du salon où était dressée une table de cinquante couverts. Enfin, les noms et qualités d’aucun autre contrevenant que le cabaretier n’est cité, en particulier pas celui du duc d’Antin, dont la tradition rapporte qu’il présidait la réunion.
Cette sentence de 1737 ainsi qu’une autre, en 1744, furent les seules dont furent l’objet, par traiteurs et cabaretiers interposés et condamnés, les francs-maçons jusqu’en 1789.
 
 

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