Une mystification antimaçonnique
Léo Taxil, Les Mystères de la franc-maçonnerie dévoilés, 1896
Edw. Ancourt & Cie, imprimeur.
Affiche, lithographie en couleur, 1240 x 890 mm
BnF, département des Estampes et de la photographie, ENT DN-1 (ANCOURT,Edward)-ROUL
© Bibliothèque nationale de France
Publicité pour le livre de Gabriel Jogand-Pagès, alias Léo Taxil, écrivain anticlérical et antimaçon. Avec l’aide de quelques collaborateurs, dont Paul Rosen, Jogand-Pagès monta à partir de 1885 une mystification célèbre contre la maçonnerie, pour laquelle il fabriqua de fausses preuves. Il avoue publiquement le canular en 1897.
Gabriel-Antoine Jogand-Pagès (1854-1907), alias Léo Taxil, escroc, mystificateur, journaliste anticlérical, visiblement en proie à des difficultés financières, se convertit subitement au catholicisme en 1885. Il publie alors ses Révélations sur la franc-maçonnerie, dans lesquelles il dénonce les francs‑maçons comme des conspirateurs adorateurs de Lucifer. Le succès est au rendez‑vous. À partir de 1891, Taxil commence à divulguer des informations sur l’ordre du Palladium, directoire satanique secret de la franc-maçonnerie. Brouillant les pistes jusque dans les moindres détails et fabriquant des rôles pour des acteurs volontaires ou non, Taxil met en circulation, sous différents pseudonymes, plusieurs ouvrages venant corroborer ses dires. Parmi les divers personnages mis en scène, le plus célèbre est Diana Vaughan, prétendue prêtresse luciférienne convertie au catholicisme.
Au fil des années, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dénoncer une supercherie. Taxil jette finalement le masque lors d’une conférence retentissante le 19 avril 1897, révélant avoir, pendant plus de douze ans, trompé les catholiques en leur faisant croire des histoires abracadabrantes. Il meurt en libre penseur en 1907. E. K.
 
 

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