Sautoir de grande maîtresse d’une loge d’adoption de la Grande Loge de France, puis de vénérable maîtresse de l’Union maçonnique féminine de France
Première moitié du XXe siècle.
670 x 430 mm
GLFF
© GLFF
À partir de 1893, les femmes peuvent entrer dans une loge du Droit Humain. En 1901, elles peuvent aussi choisir d’entrer dans une loge de la Grande Loge symbolique écossaise mixte et maintenue ou encore être reçues maçonnes dans une loge d’adoption à la Grande Loge de France (les loges d’adoption permettant d’accueillir les femmes en franc-maçonnerie sans avoir recours à la mixité). Jusqu’en 1940, onze loges d’adoption sont constituées à la GLDF. Plus de trois cents femmes sont initiées. Dépendantes de la loge masculine éponyme, elles sont cependant maîtresses de leurs ordres du jour et de leurs initiations. Régulièrement en but à l’ambivalence des frères à leur égard, elles envisagent, dès 1921, de créer une obédience spécifiquement féminine. Mais il faudra encore plusieurs années pour que le processus aboutisse.
À la libération, les franc-maçonnes composent à l’instar des frères, un comité de reconstruction chargé de rassembler les membres disséminés des loges, prenant en compte leur comportement durant la guerre. En septembre 1945, le convent de la GLDF vote l’abrogation des textes qui organisaient le fonctionnement des loges d’adoption. Le lien est dénoué. « Nous voici dans ce grand temple auquel nous ne sommes pas encore habituées. Il ne tient qu’à nous d’y créer une ambiance de labeur, d’union et d’idéal… » (21 octobre 1945). Réunies en assemblée générale constitutive, les franc-maçonnes créent une obédience exclusivement féminine. Accédant une dernière fois au désir des frères, elles la dénomment Union maçonnique féminine de France. Citoyennes de la République et maçonnes indépendantes. Enfin ! Aujourd’hui, la GLFF est la première obédience féminine dans le monde. F. M.
 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu