Le testament maçonnique d’Hugo Pratt
Corto Maltese, le franc-marin
La Fable de Venise
Scénario et dessins de Hugo Pratt avec la collaboration de Guido Fuga pour les dessins concernant l’architecture de la cité vénitienne.
© 1977 Cong SA, Suisse. "Fable de Venise” de Hugo Pratt paru aux Editions Casterman www.cong-pratt.com - Tous droits réservés
La bande dessinée maçonnique vit dans la lumière du frère Hugo Pratt, un des plus grands auteurs de BD du XXe siècle, aussi aérien dans son style graphique que subtil et poétique dans ses intrigues. Si l’on veut bien admettre que l’homme, c’est l’œuvre, il est évident que, même non initié, Corto Maltese est un « franc-marin », comme il se définit lui-même, tant il est le double de son créateur, le maître secret Pratt, passé à l’Orient éternel en 1995.
Initié le 8 juin 1976 par la respectable loge Hermès Trismegiste à l’orient de cette Venise où il avait situé L’Ange à la fenêtre d’Orient en hommage au roman du grand écrivain occultiste Gustav Meyrink L’Ange à la fenêtre d’Occident.
Pratt devint maître secret le 19 novembre 1989 dans la loge de perfection L’Olivier secret, à l’orient de Nice. Une cérémonie franco-italienne exceptionnelle à laquelle assistaient frères italiens et français, parmi lesquels le très illustre frère Luigi Danesin, souverain grand commandeur grand maître de la Grande Loge d’Italie, Jean Mourgues, grand commandeur du Grand Collège des rites du Grand Orient de France, et Yves Hivert-Messeca, secrétaire de L’Olivier secret.
Grand bourlingueur de mers et de terres lointaines, frère profane de Stevenson et de Conrad, Pratt fut un auteur ouvertement maçonnique dans Fable de Venise. Mais au sein de toute son œuvre, on ne trouve guère qu’une autre évocation maçonnique, dans Fort Wheeling, car le fabuleux dessinateur de personnages aériens comme des elfes (il sous-traitait ce qui était anguleux, fâché sans doute avec le compas et l’équerre), fut avant tout un grand amateur de mystifications, un porteur de légendes, dont la sienne, un fin connaisseur de la kabbale, du vaudou, de l’anthroposophisme, de la théosophie, de l’alchimie, des lames de tarot, de la chiromancie, du soufisme, du panthéisme, des vieux grimoires… car rien de ce qui était ésotérique ou occultiste ne lui était étranger.
Fils de fasciste et italien, il eut bien du mérite à embrasser la franc-maçonnerie en pays très catholique. Il évoqua son bonheur d’initié dans la préface de Fable de Venise : « Je parle d’un type d’homme capable de créer son être, qui évolue entre les limites propres de son être à l’état de germe au solstice d’hiver, qu’il lui faut développer jusqu’à la complète maturité atteinte dans le triomphe du solstice d’été, au moment où s’allument les grands feux, où tombent les étoiles, où l’Univers entier semble s’embraser et brûler à l’instant même où il peut aller plus loin. C’est le cycle de la vie. » J. C.
 
 

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