Gilbert Durand avec Mircea Eliade et Henri Corbin à Eranos
Gilbert Durand (1921-2012)
Eranos, Ascona, Suisse.
Photo Luciano Soave Fotografia, Locarno
© Chao-Ying Durand-Sun. Association des amis de Gilbert Durand, Moye.
Gilbert Durand (1921-2012) n’a que dix-neuf ans au moment de la capitulation de la France en juin 1940 ; pourtant il deviendra un des chefs savoyards de la lutte contre l’occupant et sera médaillé de la Résistance, commandeur de la Légion d’honneur et Juste parmi les nations. Cette expérience du combat et de la solidarité fut pour lui fondatrice.
Élève de Gaston Bachelard, agrégé de philosophie, il a dispensé après la publication de sa thèse Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, en 1964, un enseignement de sociologie et d’anthropologie qui a marqué toute une génération d’universitaires de diverses disciplines : le centre de recherches sur l’imaginaire (CRI), dont le griffon de Dürer est l’emblème, a accueilli René Char, Jean Starobinski, Bruno Étienne…
La franc-maçonnerie tient une grande place dans la vie de Gilbert Durand. En collaboration avec Henry Corbin, qui fut son compagnon de pensée le plus proche, il a créé l’université Saint-Jean de Jérusalem, cercle intellectuel parent de la spiritualité maçonnique. Mais il s’est toujours tenu à l’écart des querelles maçonniques, et il se défiait même de la notion d’obédience. Les Structures anthropologiques de l’imaginaire s’attachent au décryptage de la mythologie en général. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait consacré un livre aux grands mythes de la franc-maçonnerie ! De même, le livre Sciences de l’homme et tradition (1975) comprend un chapitre des plus érudits, intitulé « Homo latomus », qui souligne les racines ésotériques de la franc-maçonnerie de tradition. Il ne pouvait dès lors manquer l’œuvre de cet autre Savoisien, Joseph de Maistre, sur lequel il a écrit Un comte sous l’accacia : Joseph de Maistre.
Adepte d’une franc-maçonnerie de tradition, Gilbert Durand était très proche du rite écossais rectifié (RER), auquel il a consacré une réflexion de fond dans un livre paru sous le nom de plume collectif « Les Trois Mortiers » : La Quête symbolique du franc-maçon. On peut d’ailleurs préciser à cet égard qu’il avait réanimé à l’orient de Chambéry la loge Saint-Jean-des-Trois-Mortiers, considérée comme l’une des plus anciennes loges maçonniques du monde. Rappelons que le rite écossais rectifié est le plus chrétien des rites maçonniques. Créé au convent de Wilhelmsbad, il a, outre les grades bleus et symboliques, un quatrième grade symbolique et surtout un ordre intérieur chevaleresque dont Gilbert Durand fut membre : maître écossais de Saint-André (1975), chevalier bienfaisant de la Cité sainte (1978) et grand profès (1985). M. M.
 
 

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