« Un respectable personnage, que j’ai connu chez M. de Rochebaron, me procura la grâce d’être admis parmi ceux qui voyent [sic] la lumière […] »
Diplôme du Grand Orient Ottoman, 1909
Giacomo Casanova âgé de 30 ans
Portrait perdu et reproduit d'après La Gazette des Beaux-Arts, 76e année, 6e periode, tome 11 (1934)
Attribué à Pierre-Antoine Baudouin (1723-1769), 1755.
Miniature, dimensions inconnues
© Bibliothèque nationale de France
Casanova : le secret de la maçonnerie est inviolable par sa propre nature.
Homme des Lumières par excellence, Casanova a bien sûr été maçon. Il le relate dans sa célèbre Histoire de ma vie. Initié lors d’un passage à Lyon en juin 1750, il est reçu compagnon puis maître, quelques mois après, à Paris dans la prestigieuse loge du grand maître, le comte de Clermont. Mais on sait moins qu’il a aussi écrit sur la franc-maçonnerie quelques-unes des lignes les plus profondes et les plus belles : « Un respectable personnage, que j’ai connu chez M. de Rochebaron me procura la grâce d’être admis parmi ceux qui voient la lumière […] Ceux qui ne se déterminent à se faire recevoir maçon que pour parvenir à savoir le secret peuvent se tromper, car il peut leur arriver de vivre cinquante ans maîtres maçons sans jamais parvenir à pénétrer le secret de cette confrérie.
Le secret de la maçonnerie est inviolable par sa propre nature, puisque le maçon qui le sait ne le sait que pour l’avoir deviné. Il ne l’a appris de personne. Il l’a découvert à force d’aller en loge, d’observer, de raisonner et de déduire. Lorsqu’il y est parvenu, il se garde bien de faire part de sa découverte à qui que ce soit, fût-ce à son meilleur ami maçon puisqu’il n’a pas eu le talent de le pénétrer, il n’aura pas non plus celui d’en tirer parti en l’apprenant oralement. Ce secret sera donc toujours secret. Tout ce qu’on fait en loge doit être secret ; mais ceux qui par une indiscrétion malhonnête ne se sont pas fait un scrupule de révéler ce qu’on y fait n’ont pas révélé l’essentiel. Comment pouvaient-ils le révéler s’ils ne le savaient pas ? S’ils l’avaient su, ils n’auraient pas révélé les cérémonies. »
Un peu plus loin il nous donne son opinion sur les différents grades, si nombreux au XVIIIe siècle : « [le grade de Maître] est le suprême. Tous les autres titres [les hauts grades] que dans la suite du temps on m’a fait prendre sont des inventions agréables, qui, quoique symboliques n’ajoutent rien à la dignité de Maître ». Notons aussi que – « dans la suite du temps » – il continua donc à fréquenter activement les loges.
 
 

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