"La salamandre est un serpent qui ne vit hors du feu ardant"
Le Bestiaire d'amour rimé, d’après Richard de Fournival. Paris, XIIIe ou XIVe siècle.
BnF, département des Manuscrits, Français 1951, fol. 10
© Bibliothèque nationale de France
"La salamandre est un serpent qui ne vit hors du feu ardant." dit le texte. La croyance que la salamandre est capable de vivre dans le feu et de l’éteindre, est héritée des auteurs antiques : Aristote, au livre V de l'Histoire des animaux, Pline l’Ancien dans l'Histoire naturelle, Élien dans le livre II De la nature des animaux, et Isidore de Séville au livre XII des Étymologies.
Deux autres propriétés fabuleuses lui sont attachées : son venin est si puissant que son simple contact empoisonne l'eau et la nourriture et elle est couverte de laine ou de soie qui permet de faire un tissu résistant au feu.
Cette légende se perpétue dans les bestiaires moralisés du Moyen Âge, encore édités au début du XVIe siècle, et les commentateurs de la Renaissance, malgré l'ironie de certains. On trouve ainsi sous la plume de Rabelais : « Ne me parragonnez poinct icy la Salamandre, c’est abus. Je confesse bien que petit feu de paille la vegete & resjouïst. Mais je vous asceure qu’en grande fournaise elle est comme tout aultre animant, suffocquée, & consumée. » (Le Tiers Livre, Paris : Chrétien Wechel, 1546, p. 351).
 
 

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