Catherine de Medicis (1519-1589), reine de France, en veuve
Portraits dessinés de la Cour de France
François Clouet (vers 1520-1572), vers 1560.
Pierre noire et sanguine
BnF, département des Estampes et de la photographie, RÉSERVE NA-22 -BOITE
© Bibliothèque nationale de France
La personnalité austère que la reine cultivait est illustrée ce portrait, reproduit en peintures et miniatures ; Catherine de Médicis porte la coiffure de deuil, le chaperon rigide aux bords arqués, avec une pointe s'avançant sur le front, recouvert par un long voile tombant dans le dos, coiffure qu'elle mit à la mode pour longtemps. François Clouet traduit avec un certain réalisme la maturité de la reine. Son intelligence, son sens de l'autorité, sa fermeté, transparaissent dans son regard, atténués cependant par une expression méditative. À cette époque, elle avait écrit à sa fille la reine d'Espagne : "Recommandez-vous bien à Dieu, car vous m'avez vue aussi contente comme vous ne pensant jamais avoir autre tribulation que de n'être assez aimée à mon gré du roi votre père, qui m'honorait plus que je ne méritais, mais je l'aimais tant que j'avais toujours peur comme vous savez, et Dieu me l'a ôté."En effet, bien que très épris de Diane de Poitiers, Henri II appréciait les dispositions de la reine pour l'amour conjugal, dont il disait : "Sur toutes les femmes du monde, il n'en savait aucune qui la valut en cela".
Catherine aimait ses enfants passionnément. Dans ses lettres, elle écrit que c'est "le principal intérêt" qu'elle a dans le monde. Elle nourrissait, notamment à l'égard d'Henri III, un amour aveugle. Pour qu'il ne s'éloigne pas, elle toléra sous son règne une grande liberté de mœurs. L'attachement à sa famille se manifesta jusque dans le grand mausolée qu'elle avait fait construire à Saint-Denis ; la crypte renferma les corps du roi, de la reine et de huit de leurs enfants. Seules la reine d'Espagne et la duchesse de Lorraine étaient absentes.
 
 

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