Élizabeth d'Autriche
Portraits dessinés de la Cour de France
François Clouet (vers 1520-1572), vers 1571.
Pierre noire et sanguine, 342 x 231 mm
BnF, département des Estampes et de la photographie, RÉSERVE NA-22 (9) BOITE
© Bibliothèque nationale de France
Fille de Maximilien d'Autriche, empereur d'Allemagne, petite-fille de Charles Quint, femme de Charles IX, elle fit son entrée solennelle à Paris, en 1571, après son mariage. Le décor de son sacre à Saint-Denis symbolisait l'amitié naturelle entre la France et la Germanie. Toutes ces manifestations furent fastueuses. Cette belle reine de seize ans, timide et effacée, eut beaucoup de difficulté à s'intégrer à la cour de France, d'autant qu'elle parlait mal le français. Le roi la délaissa. Après la mort de Charles IX, elle refusa les brillants mariages qui lui étaient proposés, quitta la France en 1575, et se retira à Vienne, dans le couvent Sainte-Claire qu'elle avait fondé. Elle laissa sa fille unique à Catherine de Médicis. Elle mourut en 1592 à l'âge de trente-huit ans.
La reine est représentée en buste, de trois quarts à gauche, coiffée en arcelets, portant un escoffion et une courte fraise. Des perles et des joyaux ornent sa coiffure, son col, son corsage à épaulières et sa guimpe bouillonnée. En dessinant ce visage délicat, frémissant de vie derrière la transparence de la carnation, et malgré l'expression lointaine et impassible du regard tout intérieur, Clouet a réalisé un chef-d'œuvre. C'est d'après ce dessin qu'il peignit le portrait du Louvre dont l'expression diffère légèrement. Le visage est plus ovale, les yeux moins allongés, et le contour du front à droite semble plus élevé et plus bombé. L'impression de prestance que dégage le portrait dessiné, est atténuée par l'ajout des bras repliés et des mains, qui alourdissent l'ensemble.
 
 

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