Marguerite de Valois, dite La reine Margot
Portraits dessinés de la Cour de France
François Clouet (vers 1520-1572), vers 1572.
Pierre noire et sanguine, 351 x 247 mm
BnF, département des Estampes et de la photographie, RÉSERVE NA-22 (16)-BOITE
© Bibliothèque nationale de France
Fille d'Henri II et Catherine de Médicis, sœur des rois François II, Charles IX et Henri III, maîtresse du duc de Guise, elle épousa Henri de Navarre, le futur Henri IV, en 1572. Ce mariage qu'aucun des deux ne désiraient, aboutit rapidement à une séparation. Nymphomane, sa conduite légère et ses intrigues en faveur du duc d'Alençon, entraînèrent une mésentente avec son frère Henri III. Elle fut éloignée de la cour. Elle tint alors, à Nérac, une cour brillante. Très cultivée, elle écrivit des poésies et des Mémoires. Enfermée à Usson en Auvergne de 1587 à 1605, elle y séduisit le gouverneur, avec lequel elle vécut plusieurs années. Elle accepta l'annulation de son mariage avec Henri IV en 1599 en faveur de Marie de Médicis. Elle s'y était opposée lorsqu'il s'était agi de la maîtresse du roi, Gabrielle d'Estrées. Elle revint à Paris en 1605.
Le portrait représente Marguerite de Valois vers dix-neuf ans, à l'époque où elle épousa le futur Henri IV (août 1572). Quelques mois avant, le 8 mars, Jeanne d'Albret, la reine de Navarre, avait écrit à son fils Henri au sujet de sa future épouse, qu'elle était : "belle et bien avisée et de bonne grâce, mais nourrie en la plus maudite et corrompue compagnie", elle ajoutait qu'elle allait lui envoyer "sa peinture". Le visage semble sculpté par l'estompe, aucune hachure n'apparaît. L'imperceptible sourire dépend autant des lèvres que du modelé très subtil de la partie inférieure. La princesse a les cheveux frisés, séparés par une raie médiane et relevés en un chignon retenu par des bijoux. Seul le haut du corsage, une guimpe bouillonnée à collerette montante serrée au cou par un collier de perles fines, est dessiné avec précision. Son regard est tourné vers le spectateur et son expression, assurée et spirituelle, se fait complice du monde extérieur qui l'entoure.
Ce portrait a servi d'étude préparatoire à une peinture.
 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu
 
 
> commander