Embarquement des Grecs après la prise de Troie
Épisode inspiré de L'Odyssée, chant III, vers 96-130
Les Travaux d'Ulysse : série de 58 gravures à l'eau-forte réalisées par Théodore Van Thulden, d'après les fresques du Primatice et de Niccolo Dell'Abbate au château de Fontainebleau dans la Galerie d'Ulysse (détruite en 1739). Paris, Pierre Mariette, 1633.
BnF, département des Estampes et de la photographie, FOL-CC-57 (2)
© Bibliothèque nationale de France
Située dans l’aile fermant au sud l’actuelle cour d’Honneur du château de Fontainebleau, la galerie d’Ulysse, longue de 155 mètres, menait au jardin. Son décor fut confié à Primatice, l’artiste bolonais qui régnait en maître sur Fontainebleau depuis la mort de Rosso en 1540, et réalisé par Nicolò dell’Abate sur les dessins du maître jusqu’en 1570. L’ensemble fut détruit en 1739 pour permettre l’édification à cet emplacement de l’aile neuve dite « Louis XV », destinée à abriter de nouveaux appartements.
Le recueil de Theodoor Van Thulden intitulé Les Travaux d’Ulysse, fut publié pour la première fois en 1633, sous la forme de cinquante-huit eaux-fortes accompagnées de courtes « moralités » s'adressant au roi. Il s’agit d’un reflet fidèle des compositions de Primatice ornant les parois de la galerie, que Van Thulden, peintre du cercle de Rubens, avait copiées directement, plus d’un demi-siècle après leur achèvement. Le succès et la grande diffusion de l'album montre le rôle considérable qu'il a pu jouer pour la connaissance de l'œuvre de Primatice.
Le programme iconographique, complexe et très probablement remanié en cours d’exécution, était consacré pour les parois à l’Odyssée, texte d’Homère très en vogue dans les années 1540 à la cour de François Ier. Primatice l’illustra à travers cinquante-huit grandes scènes peintes à fresque, consacrées aux pérégrinations d’Ulysse sur le mur sud, côté jardin, et au retour à Ithaque sur le mur nord, côté cour.
La première scène évoque à la fois le combat, l'embarquement des prisonniers et l'embrasement de Troie.
Moralité : « Les Grecs ayant mis à feu & à sang la grande ville de Troye, après l'avoir assiégée dix ans durant, remontent en leurs vaisseaux & font des préparatifs, pour s’en retourner ; Par où l'on peut voir Que les villes semblent avoir leur destin comme les hommes & qu’encore qu'elles soient le chef-d’œuvre d'une longue paix, si est-ce qu’il ne faut quelquefois qu'un stratagème de guerre pour les réduire à néant, »
 
 

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