La Mise au tombeau
Geoffroy Dumoûtier (Rouen ? Actif vers 1535-Paris, 1573).
Non daté
Plume et encre brune, lavis de bistre, papier préparé en beige. 295 x 416 mm.
BnF, département des Estampes et de la photographie, RÉSERVE B 5
© Bibliothèque nationale de France
Ce dessin a été attribué par Sylvie Béguin à Geoffroy Dumoûtier, l'un des assistants du Rosso Fiorentino (Florence, 1494 - Paris, 1540), le chef de file du premier maniérisme florentin, fondateur de l'école de Fontainebleau. Dumoûtier travailla de 1537 à 1540 avec lui à Fontainebleau. Il avait reçu sa première formation de son père, enlumineur à Rouen. En 1549, il figure dans la Chronologia inclytae urbis Rothonogensis comme un des meilleurs peintres rouennais de l'époque. Un dessin préparatoire à un vitrail (musée du Louvre) serait le témoignage d'une activité de peintre-verrier de l'artiste, ce qui n'est pas sans rapport avec son style. Son œuvre conservé comprend quelques miniatures, des eaux-fortes de sa propre invention et des dessins de sujets allégoriques et religieux.
Les compositions de G. Dumoûtier reflètent l'influence du Rosso, mais conservent une inventivité et une sensibilité très personnelles. Ainsi en est-il de La Mise au tombeau au tracé très libre, esquissé, suggérant les volumes et les formes par des aplats, et laissant les contours inachevés par endroits, telle la main droite du Christ. Le modelé est traité par plans. La composition très mouvementée rassemble de nombreuses figures qui s'agitent dans des attitudes théâtrales, exprimant ainsi leur douleur. Ce désarroi est accentué par les draperies qui volent et se déploient comme des ailes, motif que l'on retrouve dans certaines de ses gravures.
Bien que le titre d'usage de cette œuvre soit La Mise au tombeau, il semble s'agir plutôt de la Lamentation qui s'intercale entre la Déploration et la Mise au tombeau, scène qui n'est pas relatée dans les évangiles et dont l'origine pourrait être les lamentations funèbres pratiquées dans certaines régions orientales. Elle apparaît dans l'art chrétien au XIIe siècle. Elle est interprétée par Dumoûtier avec une grande liberté ; en effet, l'iconographie habituelle représente le Christ mort étendu sur la pierre, entouré de la Vierge, de saint Jean et de Marie-Madeleine qui se lamentent, auxquelles se joignent les saintes femmes. Joseph d'Arimathie, qui avait obtenu de Pilate la permission d'enlever le corps de Jésus, et Nicodème portent un vase de parfums. Dans le dessin exposé, les personnages semblent tous présents, mais le Christ repose sur les genoux de sa mère.
 
 

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