Figure de mascarade
René Boyvin (Angers, vers 1525-Angers ? vers 1625/1630).
Non daté
Plume, encre brune et lavis de bistre, mis en place à la pierre noire. 301 x 195 mm
BnF, département des Estampes et de la photographie, RÉSERVE B 5
© Bibliothèque nationale de France
Graveur, René Boyvin travailla à la Monnaie d'Angers avant de s'installer à Paris vers 1545. Il est douteux que Boyvin ait vécu centenaire et même plus, comme les dates qui lui sont attribuées le laissent supposer. Il entra au service de Pierre Milan, l'un des graveurs les plus importants de l'école de Fontainebleau, puis, à la mort de celui-ci, il s'installa à son propre compte et diffusa par l'estampe les œuvres des artistes de Fontainebleau. Il fut aussi portraitiste et auteur de gravures d'ornements et d'orfèvrerie. Il dessina des costumes et des bijoux.
Les fêtes somptueuses de la cour étaient nombreuses : bals, tournois, spectacles divers (théâtre, chant, musique, ballet), ou mascarades. Elles se multiplièrent sous le règne de Catherine de Médicis qui en fit un instrument de gouvernement. Les défilés, cortèges et mascarades, auxquels s'ajoutaient les entrées royales et princières mobilisaient les artistes. Ils étaient à l'origine de nombreux dessins de modèles de costumes, qui souvent étaient ensuite gravés. C'est l'une de ces figures de mascarade ou de carnaval, peut-être même de spectacle allégorique, que René Boyvin a représentée dans ce personnage maniériste, à l'aspect surréaliste, dont l'habit de guerrier s'est métamorphosé en déguisement débordant de fantaisie. L'armure s'est transformée en légers drapés mouvementés, en étoffes bouffantes découpées, retenues par des cuirs et courroies. Le personnage, à l'allure dansante, tient une curieuse boîte ornée d'arabesques. Le graphisme ondulant s'allie tout à fait à l'impression de légèreté et de grâce précieuse de ce "guerrier" de carnaval qui occupe l'espace de la feuille. Le casque n'est plus qu'un haut bonnet enrubanné, surmonté d'un plumet, et le visage, qu'une ombre portée accuse, se distingue à peine d'un masque. Boyvin très sensible, semble-t-il, au thème des fêtes, avait copié le Libro di variate mascare d'Angelo Veientano, en 1560. Ces figures fantastiques très en vogue atteignirent leur paroxysme avec les têtes composées d'Arcimboldo.
 
 

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