L'histoire de la reine Artémise : La ménagerie
Attribué à Nicolo dell'Abate (Modène, vers 1509/1512-Fontainebleau ou Paris, vers 1571).
Série de 39 dessins sans ordre véritable. De 1563 à 1570 environ
Plume et encre brune, lavis avec rehauts de blanc sur pierre noire. 440 x 550 mm
BnF, département des Estampes et de la photographie, RÉSERVE AD 105, fol. 28
© Bibliothèque nationale de France
À la fin du XVe siècle, en Italie, plusieurs cours princières entretenaient de véritables ménageries. Le prestige d'une maison princière s'en trouvait accru. Ce jardin, où les animaux, curieusement représentés sans souci de proportions et de réalisme, évoluent librement près des personnages, évoque le paradis terrestre. L'éléphant empanaché et caparaçonné, aux pattes griffues, aux oreilles largement déployées est tout à fait imaginaire.
Plusieurs éléments invitent à envisager comme auteur Nicolò ou son fils, ainsi en est-il de l'échappée de paysage à la profonde perspective qui mène le spectateur sous les frondaisons, des personnages éloignés de la stylisation adoptée dans les autres dessins et du hiératisme des frêles figures allégoriques. Après des débuts à Modène et Bologne, où il avait acquis une expérience des décors peints à fresque, Nicolò dell'Abate, alors célèbre, fut appelé à Fontainebleau par Henri II, en 1552. Il collabora avec Primatice à la décoration du château (salle de bal, galerie d'Ulysse), et de la chapelle des Guise à Paris, autant de chefs-d'œuvre. Son talent se manifesta aussi dans des activité indépendantes notamment les décors d'hôtels parisiens. Sa sensibilité s'exprime dans les paysages et les épisodes romanesques qu'il affectionne. Il participa à la réalisation d'arcs de triomphe et au décor de l'Hôtel de Ville lors de l'entrée de Charles IX à Paris en 1571, avec son fils Giulio Camillo. Celui ci, mentionné en France entre 1561 et 1577, diffusera son style empreint de naturalisme.
 
 

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