Fiche de lecture : On the road de Jack Kerouac
François Erval , 1959.
Manuscrit autographe
© Archives Éditions Gallimard
Nom de l’auteur : Kerouac
Prénom : Jack
Titre du manuscrit : On the road
Genre : roman
Langue d’origine : anglaise
Lu en langue : anglaise
Avis n° 1
Lecteur : Erval

Il est difficile de raconter et surtout de faire sentir ce roman, en le résumant en quelques lignes. Il s’agit un groupe de jeunes gens qui se baladent à travers l’Amérique, sur des autos achetées ou volées (souvent) ou par stop qui s’arrêtent dans les villes qu’ils pillent aussitôt après avoir passé quelques nuits folles.
Ça ne commence pas et ça ne finit pas et c’est pourtant extraordinaire. Pour en donner une idée on peut le comparer à L’Équipée sauvage.
On pense d’ailleurs constamment aux meilleurs films américains sur la jeunesse (Fureur de vivre, etc.) C’est vraiment la seule comparaison possible. Je n’ai, en effet, rien lu de ce genre : l’auteur écrit admirablement : ce mot est ridicule car il écrit en courtes phrases, tout en ellipses, consacrant aux événements les plus importants, ceux qui terminent une scène, quelques brèves lignes qui ramassent tout. (Seul Hemingway a su appliquer cette méthode avec cette perfection et Steinbeck dans une ou deux de ses nouvelles).
C’est presque un très grand livre.
François Erval


« Nous ne savions pas que nous donnions de la bonne lecture aux futurs révoltés de Mai 1968 », note Michel Mohrt, à propos de Jack Kerouac, dans ses souvenirs sur la NRF. Sur la route paraît dans « Du monde entier » le 25 février 1960, trois années après une première rencontre entre Jacques Kerouac, Michel Mohrt et Claude Gallimard, vu par ce dernier comme le « chef de file de la nouvelle génération (pas la raffinée, la brutale) d’écrivains américains. ». Claude Gallimard demandera à ses collaborateurs de suivre attentivement cet auteur, dont la Maison publie les principaux ouvrages… jusqu’à l’édition de sa très belle correspondance – où se lit son attachement à quelques figures de la littérature française – et la retraduction posthume de Sur la route d’après son singulier manuscrit original. « Je les vois encore, se souvient Michel Mohrt à propos de Kerouac et de sa mère, s’éloignant tous deux, dans la Cinquième Avenue, la mère donnant le bras à son fils qui portait un panier à provisions. Ils se dirigeaient vers Grand Central pour prendre un train qui les ramènerait chez eux. […] Jack avait dans sa poche le livre d’un écrivain français qu’il ne quittait jamais : Voyage au bout de la nuit. Il est arrivé que Kerouac me téléphone de New York à mon bureau, à la NRF. La standardiste était toute heureuse en me disant au téléphone : “C’est Jack Kerouac.”, il y a de cela bien longtemps. » (Ma vie à la NRF, op. cit.)
 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu