Fiche de lecture : Out of Africa de Karen Blixen
Raymond Queneau , 15 décembre 1938.
© Archives Éditions Gallimard
Nom et adresse de l’auteur :
Blixen (Karen) / Dinesen (Isak)
Remis par : Ole Winding
Titre du manuscrit : Out of Africa
Genre et dimensions : 742 630 lettres
Reçu le 3 décembre 1938
Lu le 15 décembre 38
Avis n° 1

Lecteur : Queneau
Souvenirs d’une baronne danoise qui possédait et exploitait une ferme en Afrique du Sud. C’est charmant, intelligent, émouvant – bien écrit et bien raconté. Un joli livre de femme.
Q.

[De la main de Gaston Gallimard]
– Quel est le genre ?
– Collection ?

G

« Cette fois-ci, je suis sûr de tenir une véritable merveille pour vous, un succès foudroyant, et qui a fait ses preuves en Amérique, en Angleterre et au Danemark, c’est La Ferme africaine ou Out of Africa (le premier est le titre en danois, le second le titre anglais) écrit par la baronne Karen Blixen Finecke. Ce livre est le plus beau qui ait été écrit depuis les contes d’Andersen et il égale Le Songe d’une nuit d’été. Mme Blixen m’a mis un exemplaire de l’édition américaine à ma disposition que je vous adresse aujourd’hui comme imprimées. […] Elle a, elle-même, écrit les deux textes, le danois, l’anglais. Une traduction de l’anglais sera donc autant une traduction de première main qu’une traduction du danois. Je vous prie, pour votre plaisir personnel, de le lire, vous ne l’oublierez jamais, et naturellement je serai heureux, si vous donnez ensuite le beau livre à votre comité de lecture pour recueillir, j’en suis sûr, son avis unanime. » Voici comment parvient le 3 décembre 1938 le roman de Karen Blixen à Gaston Gallimard, via l’un de ses anciennes connaissances du temps de sa vie commune avec Valentine Tessier, le journaliste danois Ole Winding (1906-1985), correspondant du Politiken et d’Ekstra Bladet. Karen Blixen, qui s’appuie pour l’écriture de son roman sur sa douloureuse expérience coloniale en Afrique orientale britannique (Kenya) à la tête d’une plantation de café, a déjà publié aux États-Unis ses Sept Contes gothiques (1934), sous le pseudonyme d’Isaac Dinesen.
Le livre est aussitôt communiqué, pour lecture, à Raymond Queneau, qui tombe sous le charme du récit (il reprendra ce titre dans sa collection « La Méridienne » en 1954). L’affaire est rapidement traitée avec l’avocat de l’écrivain à Copenhague. Gaston Gallimard est en relation directe avec l’auteur durant le printemps 1939 au sujet du choix du traducteur, Karen Blixen évoquant les noms de Paul Leyssac, traducteur d’Andersen, Lucien Maury et Paul La Chesnais. L’ouvrage sera finalement confié à Yvonne Manceron, traductrice de l’anglais, et ne paraîtra qu’en mars 1942, épargné par la censure allemande ; il sera épuisé en quelques mois.
Gallimard publiera l’ensemble de l’oeuvre de Karen Blixen, réunissant notamment ses textes africains et ses contes (dont le célèbre Festin de Babette, publié en 1961), en deux volumes de la collection « Quarto » (2006 et 2007). Une nouvelle traduction de La Ferme africaine est proposée par Alain Gnaedig en 2000, s’appuyant cette fois sur le texte danois.
 
 

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