L’Alsace au drapeau
« Pensons-y toujours, n’en parlons jamais »
Gustave Doré (1832-1883).
Gouache, 41 × 27,5 cm
Strasbourg, musée d’Art moderne et contemporain, XXXXVI 4
Musées d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, Cabinet d'Art Graphique © Photo Musées de Strasbourg, M. Bertola
Né à Strasbourg, le peintre et graveur Gustave Doré, même s’il est installé à Paris depuis ses quinze ans, vit comme un déchirement l’annexion de l’Alsace- Lorraine par l’Empire allemand. Il développe une imagerie patriotique, courante dans les années 1870-1880, spécialement chez les artistes originaires des provinces perdues. On peut citer ainsi le peintre Jean-Jacques Henner, qui réalise en 1871 son tableau L’Alsace, elle attend, et les écrivains Maurice Barrès (Colette Baudoche, La Colline inspirée…), Émile Erckmann et Alexandre Chatrian (Les Fiancés d’Alsace). Le souvenir des provinces annexées s’estompe avec les ans. Les Français passent assez vite de l’idée de revanche à une sourde résignation. « Pensons-y toujours, n’en parlons jamais », phrase prononcée par Léon Gambetta dès novembre 1871, rend bien compte de cette absence de revendication, même si cette question de l’Alsace- Lorraine empêche toute détente diplomatique entre la France et l’Allemagne. Les quelques voix qui s’élèvent dans les années 1910 pour rappeler l’injustice du sort des provinces perdues, avec à leur tête Paul Déroulède, sont bien minoritaires. F. M.
 
 

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