Les Pauvres Gens
Des réfugiés sur le bord des routes
Théophile Alexandre Steinlen, 1914.
Gravure (eau-forte), 39,5 × 34,2 cm
BNF, Estampes et Photographie, Dc-385 (3)-Fol
© Bibliothèque nationale de France
« Avertis des procédés barbares dont usent les soldats allemands envers la population quand ils pénètrent dans un village, les paysans belges, abandonnant momentanément leurs maisons, ont fui en grand nombre. Entassant ce qu’ils possèdent de plus précieux dans des charrettes, des tombereaux et même des voitures à bras, ils ont gagné les provinces du nord. Beaucoup aussi se sont entassés dans des trains pour gagner la frontière française. Tous ces pauvres gens restent calmes dans le malheur et gardent bon espoir » (Le Miroir, 30 août 1914).
Cet exode, recouvert dans la mémoire collective par celui de 1940, concerne aussi bientôt les populations du nord de la France, poussées à l’exil vers l’ouest et le sud du pays.
Steinlen, peintre du Chat Noir et de la bohème montmartroise, mais aussi commentateur engagé de l’actualité dans ses dessins pour le Gil Blas, produit à partir de l’été 1914 un œuvre de guerre considérable et d’une grande puissance, tant en estampes qu’en affiches et en dessins. Ce poignant portrait de groupe avait été dessiné une première fois en 1913 pour illustrer l’expulsion de locataires misérables ; repris et gravé en 1914, il devient une incarnation intemporelle de la détresse des réfugiés. F. M. et T. C.
 
 

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