Fiche individuelle « Mort pour la France » de Jules Peugeot
Le premier Français tué
17 × 11 cm
Caen, Service historique de la Défense, AC 40 R 5417
Service historique de la Défense, Vincennes
Né le 11 juin 1893 à Étupes (Doubs), Jules André Peugeot est instituteur. Il effectue son service militaire au 44e régiment d’infanterie de Lons-le-Saunier depuis le mois d’avril 1914 lorsque la tension entre la France et l’Allemagne atteint son comble au tout début du mois d’août.
Commandant une escouade de la 6e compagnie du 2e bataillon, Peugeot prend position dans le village de Joncherey (au sud-est du Territoire de Belfort, à trois kilomètres au nord de Delle). Le dimanche 2 août en début de matinée, premier jour de la mobilisation générale, un détachement de reconnaissance allemand de huit hommes du Ve régiment de chasseurs à cheval de Mulhouse, commandé par le sous-lieutenant Camille Mayer, progresse vers Joncherey après avoir violé la frontière française. Mayer sabre la sentinelle française postée en avant (sans la tuer) et tire trois fois avec son revolver en direction de Peugeot. Au même instant, Peugeot tire également avec son fusil et touche Mayer au ventre. Un tir d’un des hommes de l’escouade française atteint Mayer à la tête et l’achève. Peugeot est cependant mortellement blessé par la deuxième balle tirée par Mayer. Il meurt à 10 h 07 et est considéré comme le premier mort militaire français d’une guerre qui ne débute officiellement que le lendemain. Le corps de Peugeot est rendu à sa famille le 3 août, puis inhumé à Étupes (à une quinzaine de kilomètres de Joncherey) le 4 août. Mayer est enterré le 3 août, aux frais des officiers du 44e régiment d’infanterie. Peugeot sera déclaré « Mort pour la France ».
La mention « Mort pour la France » a été instituée par la loi du 2 juillet 1915 et modifiée par la loi du 22 février 1922, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Elle est un témoignage pérenne de la reconnaissance de la nation en l’honneur de ceux qui ont donné leur vie pour le pays. Sa pérennité est garantie par l’inscription en marge de l’acte de décès. Elle apparaîtra sur les copies et les extraits de l’acte de décès et dans tout acte où sera cité son nom, après l’attribution de la mention. Le fichier général des militaires de l’armée française morts pour la France durant la Première Guerre mondiale résulte de l’action du Service de l’état civil, des renseignements aux familles et successions militaires dont a été doté le ministère de la Guerre, par la loi du 18 février 1916, en remplacement de la section du Bureau des archives qui recevait et enregistrait déjà les avis de décès des militaires aux armées. Ce fichier a une double fonction : informer sur la régularisation du décès des militaires tués, disparus ou décédés pendant la durée de la guerre ; informer sur l’attribution de la mention « Mort pour la France ». L. V.
 
 

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