La Jeune France. Histoire illustrée de la guerre
Paris, 1914-1915.
BnF, Droit, économie, politique, JO 56063
© Bibliothèque nationale de France
Le « bourrage de crâne » appliqué aux enfants

Tout au long de la guerre est mise en place une « Union Sacrée » littéraire de la jeunesse très contrôlée qui prend le relais de l’école en partie désorganisée (instituteurs mobilisés et locaux parfois réquisitionnés) comme du bouleversement de l’équilibre familial. Les histoires illustrées pour les enfants, comme Bécassine, les Pieds nickelés ou les nombreux abécédaires participent à la mobilisation de l’enfance dans la Grande Guerre en inculquant à la jeunesse française la haine de l’ennemi et l’amour de la patrie. Ce discours de guerre patriotique et germanophobe s’émoussera à partir de 1916, car les enfants s’intéressent peu à ce qui est artificiel, et ils comprennent bien l’écart entre ces textes et la réalité du vécu de leurs proches quand ils reviennent en permission, tout comme leur réalité d’enfant.
Dans ce livre adressé aux enfants, l’histoire est racontée suivant le principe du conte ou de la fable de la Fontaine qui met en scène des animaux pour faire passer un message indiquant très clairement qui sont les bons et qui sont les méchants. Mais point de sagesse dans ces planches : les auteurs se contentent de plaquer les événements et la conclusion n’interpelle en rien l’intelligence du lecteur : « Et sans désemparer, le loup autrichien aiguisa ses griffes, grinça des dents et il déclara de suite la guerre à l’agneau serbe, convaincu qu’il allait l’avaler en quatre bouchées. »
 
 

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